L’une des conséquences qu’auront les changements climatiques au cours des prochaines décennies sera probablement une baisse importante du niveau d’eau dans le Saint-Laurent. Pour y maintenir des activités concurrentielles, le secteur du transport maritime devra trouver des façons de s’adapter aux nouvelles conditions. Plusieurs options sont envisageables, mais les coûts des mesures appliquées risquent d’être élevés, et d’importants impacts environnementaux sont à prévoir dans certains cas.
C’est ce qu’on peut retenir d’une étude exploratoire réalisée dans le cadre de la Stratégie de navigation durable pour le Saint-Laurent. Intitulé Changements climatiques et transport maritime sur le Saint-Laurent, Étude exploratoire d’options d’adaptation, le document de 139 pages constitue une analyse de l’un des huit enjeux prioritaires définis dans la Stratégie.
En première partie de l’étude, on présente une simulation des fluctuations des niveaux d’eau prévus entre Québec et Montréal, en fonction de la baisse des apports d’eau des Grands Lacs et du rehaussement du niveau moyen des océans. Quatre scénarios climatiques sont ainsi simulés. Selon le scénario le plus pessimiste, la baisse du niveau d’eau à Montréal pourrait atteindre 1 m sous le zéro des cartes marines d’ici 2050 et environ 30 cm à Trois-Rivières. Le chargement des navires à fort tirant d’eau (10 m et plus) serait particulièrement touché par cette baisse. Il faut rappeler que la profondeur d’eau disponible pour les navires au zéro des cartes marines est de 11,3 m et que le niveau moyen pour la période 1960-2003 est de 1 m au-dessus du zéro des cartes.
Dans la seconde partie, les auteurs analysent différentes options d’adaptation en fonction de la capacité de ces dernières de rehausser l’utilisation de la colonne d’eau, des coûts respectifs et de certains impacts environnementaux. Certaines options ne prévoient que des améliorations aux outils technologiques actuels, mais d’autres englobent des aménagements physiques du fleuve (dragage, digues et écluses) ou même encore des modifications à la structure des navires. Une dernière option vise la réorganisation de la navigation et de l’activité portuaire sur le Saint Laurent (p. ex. déplacement des activités du port de Montréal vers un autre port en aval ou instauration d’un service de cabotage qui prendrait le relais des gros navires). Les coûts de ces différentes options se chiffrent dans les millions de dollars et pourraient même atteindre le milliard de dollars dans le cas de la réorganisation du trafic maritime.
Les auteurs de l’étude ne recommandent pas d’options en particulier. Insistant sur la nature exploratoire de leur travail, ils se disent conscients des limites de l’étude, entre autres quant aux incertitudes sur l’évolution du climat à l’échelle régionale.
Date de modification : 2008/06/19 – Avis important

