Quelque 80 % des navires qui passent entre Varennes et les îles de Sorel, dans le fleuve, respectent la réduction de vitesse que s’est volontairement imposée l’industrie maritime en 2000. De plus, d’ici la fin de l’été 2008, le taux de conformité pourrait atteindre 90 %. C’est très encourageant, juge Nicole Trépanier, des Armateurs du Saint-Laurent : « Après avoir craint un relâchement après quelques années, nous constatons au contraire une progression aujourd’hui, et ce, malgré les pressions énormes que subissent les transporteurs pour respecter des délais de livraison toujours plus serrés.
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Photo : Groupe Desgagnés |
Rappelons que c’est pour minimiser l’érosion des berges par le battement des vagues des navires (le batillage) que l’industrie maritime a mis en œuvre sa mesure volontaire de réduction de vitesse voilà sept ans. Cette décision avait été prise par des représentants de l’industrie ayant participé aux travaux du Comité de concertation Navigation du Plan Saint‑Laurent, où le problème de l’érosion des berges avait été discuté abondamment.
Sur une longueur de près de 25 km, on incite donc maintenant les navires à ne pas dépasser 10 nœuds (18,5 km/h) en montant et 14 nœuds (26 km/h) en descendant. Normalement, ils maintiendraient une vitesse de 16 à 18 nœuds environ.
Le secteur du fleuve visé par cette mesure s’avère particulièrement sensible à l’érosion. Une étude a démontré que les rives ont reculé en moyenne de 1,6 m par an entre Montréal et Sorel de 1964 à 1983. Le phénomène n’est toutefois attribuable qu’en partie au batillage, dont l’effet n’est prépondérant que lorsque le navire passe à moins de 800 m des rives. La navigation de plaisance a aussi une part de responsabilité, de même que les facteurs naturels comme les vagues de vent, la dérive des glaces et les variations du niveau d’eau.
Dès les premières années, la réduction de vitesse des navires a eu des effets positifs, puisque l’érosion des berges a diminué de façon quantifiable. Il faudra cependant un suivi à long terme pour connaître l’incidence précise de la mesure. En attendant, les Armateurs du Saint-Laurent, qui veillent à l’application de la directive, continueront d’inciter aussi bien les armateurs internationaux que les transporteurs nationaux à s’y conformer.
« Nous voulons montrer que l’industrie maritime est capable d’assumer ses responsabilités sans que des règlements doivent l’y contraindre, souligne Nicole Trépanier, mais nous aimerions bien également que tous les acteurs concernés par l’érosion des berges fassent leur part. »
Nicole Trépanier
Armateurs du Saint-Laurent,
271, rue de l’Estuaire
C.P. 2268
Québec (Québec) G1K 7P7
Tél. : 418-648-4378
Courriel : nicole.trepanier@armateurs-du-st-laurent.org
Date de modification : 2008/06/19 – Avis important

