On connaissait déjà plusieurs effets bénéfiques des bandes riveraines boisées le long des petits cours d’eau : stabilisation des berges et meilleure qualité de l’eau, notamment. De nouvelles études du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) du Québec viennent en ajouter deux, sur le plan faunique cette fois. D’une part, les bandes riveraines boisées abaissent la température de l’eau, en été, suffisamment
pour favoriser la présence de l’omble de fontaine. D’autre part, elles diminuent l’abondance des rats musqués, qui endommagent les berges et accroissent la turbidité de l’eau.
Effectuées dans le cadre du volet agricole du Plan Saint-Laurent pour un développement durable (PSL), ces études s’inscrivent dans les objectifs du Comité de concertation Agriculture du PSL, en matière de biodiversité des cours d’eau en milieu rural. Le MRNF est l’un des partenaires de ce comité.
Dans la première étude (Influence de l’ombrage produit par la végétation riveraine sur la température de l’eau), les chercheurs du MRNF ont travaillé sur deux cours d’eau agroforestiers de la région de la Chaudière-Appalaches, les rivières Boyer et Petite Sainte-Marguerite. Pendant six mois (de juin à novembre), ils ont enregistré les températures de l’eau que leur fournissaient, toutes les deux heures, des thermographes installés dans différentes sections de rivière, les unes sous couvert boisé, les autres en milieu ouvert.
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Cours d'eau avec bandes riveraines boisées |
Résultats : des différences significatives de 1 à 2 °C entre les stations ombragées et celles aux rives dénudées. Plus il faisait chaud et plus le débit d’eau était faible (en période d’étiage), plus l’écart était marqué. Or, selon les auteurs de la recherche, une telle différence de 1 à 2 °C peut rendre un cours d’eau propice ou non à la présence d’une espèce sensible comme l’omble de fontaine, qui ne peut survivre à des températures excédant 25 ou 26 °C.
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Cours d'eau avec bandes riveraines herbacées |
Les chercheurs en concluent que « l’implantation d’une bordure de végétation riveraine suffisamment haute et dense pour ombrager les cours d’eau en milieu agricole apparaît comme une mesure simple et efficace pour conserver une température de l’eau adéquate et satisfaire les besoins de la faune aquatique ».
L’autre étude du MRNF (Influence de la composition de la bande riveraine sur l'abondance du rat musqué dans les petits cours d'eau agricoles) a été menée dans les bassins versants des rivières Fouquette et Kamouraska, un secteur où domine l’activité agricole, dans le Bas-Saint-Laurent.
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Rat musqué |
Les chercheurs y ont démontré que, pour construire leurs terriers, les rats musqués préfèrent nettement les berges ayant une bande riveraine herbacée à celles qui sont boisées. Des cages sous-marines installées dans plusieurs parcelles de cours d’eau agricoles ont, en effet, permis de capturer trois fois plus de rats musqués dans les secteurs où la bande riveraine était herbacée que dans ceux dont la berge était boisée.
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Cours d'eau avec bandes riveraines herbacées avec quenouilles, l'aliment préféré des rats musqués |
Cette plus grande abondance du rongeur dans le premier habitat s’expliquerait, selon les scientifiques du Ministère, à la fois par la disponibilité des ressources alimentaires (plantes aquatiques plus nombreuses à cause de l’ensoleillement), la facilité de creusage des terriers et une présence moindre du vison, l’un des principaux prédateurs de l’espèce.
Plus du tiers des rats musqués du Québec se retrouvent dans les fossés de drainage et petits cours d’eau en milieu agricole. Ils s’abritent dans des terriers qu’ils creusent dans les berges des cours d’eau. Leur présence entraîne une érosion importante, et parfois même un effondrement des rives au passage de la machinerie agricole (à cause des réseaux de tunnels), ainsi qu’une augmentation de la turbidité de l’eau. Sans parler de l’obstruction des drains agricoles, selon certains agriculteurs, et même des dommages aux enveloppes des ballots de foin entreposés près des rives.
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Cours d'eau avec bandes riveraines arbustives |
La norme de conservation d’une bande riveraine de 3 m sur les petits cours d’eau en milieu agricole est peu respectée, observent les auteurs de l’étude, et les bandes existantes sont majoritairement constituées de plantes herbacées. L’aménagement de bandes riveraines essentiellement constituées de végétaux ligneux, concluent-ils, serait donc de nature à limiter l’abondance des rats musqués et des dommages qu’ils causent.
Bert Klein
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF)
Téléphone : 418-627-8694, poste 7439
Courriel : Bert.Klein@mrnf.gouv.qc.ca
Date de modification : 2008/06/19 – Avis important

