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Haute-Côte-Nord
Recherche de frayères à éperlan

La population d’éperlan arc-en-ciel anadrome de la Haute-Côte-Nord subirait-elle la même raréfaction que celle du sud de l’estuaire? C’est ce que révélera peut-être un projet du Comité ZIP de la rive nord de l’estuaire, qui vise l’acquisition et le partage de connaissances sur la situation de l’espèce dans la région et sur les habitats pouvant servir à sa reproduction. L’objectif est d’identifier d’autres frayères outre les deux seules officiellement connues sur le territoire du Comité ZIP et, éventuellement, de proposer des mesures de protection.

Éperlan

Photo : Julien Verdier

À la hauteur de la Côte-Nord, au moins trois populations génétiquement distinctes d’éperlan arc-en-ciel anadrome nagent dans les eaux du Saint-Laurent. Au cours des 40 dernières années, la population du sud de l’estuaire a considérablement diminué à cause de la dégradation de ses sites de frai, et ce, au point d’avoir été ajoutée, en 2005, à la liste des espèces menacées ou vulnérables au Québec. Or, l’état des populations de la rive nord est également inquiétant. Plusieurs pêcheurs ainsi que des scientifiques ont, à plusieurs reprises, manifesté leurs préoccupations devant la diminution des prises de ce petit poisson argenté de moins de 20 cm qui vit en bancs. La pêche commerciale a même été suspendue en 2005, par mesure de précaution.

Éperlan femelle

Photo : Julien Verdier

C’est dans ce contexte que le Comité ZIP, en partenariat avec le ministère des Ressources naturelles et de la Faune et grâce à l’aide financière du programme Interactions communautaires du Plan Saint-Laurent, a entrepris de chercher des frayères dans trois rivières de la région dont l’habitat serait propice. Hydro-Québec, Pêches et Océans Canada ainsi que la ZEC de la rivière Laval sont aussi partenaires dans ce projet.

Rivière Laval

Rivière Laval
Photo : M. Julien Verdier

En 2006, les recherches effectuées dans la rivière Éperlan n’ont pas permis d’identifier de frayère ni de confirmer que le cours d’eau est fréquenté par l’espèce. Lors de l’exploration menée dans la rivière Laval au printemps 2007, par contre, on a dénombré une cinquantaine d’éperlans matures prêts pour le frai ou qui venaient de frayer. Comme ces poissons ont été capturés à l’embouchure de la rivière, on ne sait cependant pas s’ils n’étaient que de passage dans le secteur ou s’ils s’apprêtaient à remonter le cours d’eau pour s’y reproduire. Même les sessions de plongée en apnée sur les sites propices ont été vaines.

Un autre volet du projet vise à informer les pêcheurs et les propriétaires riverains de la situation problématique de l’éperlan et aussi des comportements à adopter pour protéger le poisson et son habitat. Un dépliant ainsi qu’une affiche ont été distribués à cette fin. Le dépliant se trouvera bientôt sur le site Web du Comité ZIP au www.zipnord.qc.ca.

Le 30 avril 2008, un atelier de travail devrait par ailleurs réunir une quarantaine de personnes (gestionnaires, pêcheurs, etc.) pour faire le point sur la situation de l’éperlan dans la région et discuter de mesures de protection envisageables. Le Comité ZIP compte sur cet atelier pour mettre en valeur des connaissances traditionnelles susceptibles d’orienter de nouvelles recherches.

Pour information :

Marie-Hélène Cloutier
Comité ZIP de la rive nord de l’estuaire
Tél. 418-296‑0404, poste 222
Courriel : marie.helene.cloutier@zipnord.qc.ca.


Date de modification : 2008/06/19 – Avis important