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Inventaire faunique et floristique des aires protégées

Jusqu’à maintenant, une trentaine de sites ont été inventoriés, plus de 350 espèces observées, dont plus de 50 espèces rares, et des milliers de données ont été colligées et sécurisées dans différentes bases de données électroniques. En un mot, le Programme d’inventaires fauniques et floristiques des aires protégées du Québec méridional tourne rondement. Et ce n’est pas fini : on prévoit déjà d’autres travaux jusqu’en 2014.

Voici quelques photos prises lors des inventaires

Cliquez sur les photos pour les voir agrandies

         
Tortue mouchetée Tortue mouchetée

Tortue mouchetée (Emydoidea blandingii)
Espèce menacée (COSEPAC)
Photo : Patrick Labonté

  Couleuvre mince Couleuvre mince

Couleuvre mince (Thamnophis sauritus)
Espèce préoccupante (COSEPAC)
Photo :
Stéphanie Gagnon

         
Tortue géographique Tortue géographique

Tortue géographique (Graptemys geographica)
Espèce préoccupante (COSEPAC); espèce vulnérable (gouv. Qc)
Photo : Sylvain Giguère

  Salamandre maculée Salamandre maculée Salamandre maculée (Ambystoma maculatum)
Photo :
Stéphanie Gagnon
         
Tortue serpentine Tortue serpentine

Tortue serpentine (Chelydra serpentina)
Photo :
Stéphanie Gagnon

  Salamandre à quatre orteils Salamandre à quatre orteils

Salamandre à quatre orteils (Hemidactylium scutatum)
Espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable (gouv. Qc)
Photo :
Sylvain Giguère

         
Sumac aromatique Sumac aromatique

Sumac aromatique variété aromatique (Rhus aromatica var. aromatica)
Espèce vulnérable (gouv. Qc)
Photo :
Stéphanie Gagnon

  Lamproie argentée Lamproie argentée

Lamproie argentée (Ichthyomyzon unicuspis)
Photo :
Sylvain Giguère

         

* Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)

Réalisation conjointe des gouvernements provincial et fédéral, ce programme a un double objectif : d’une part, identifier les espèces en péril présentes dans les aires protégées et, d’autre part, approfondir et mettre à jour les connaissances sur la diversité biologique qu’abritent ces territoires. Le projet se déroule dans le cadre du Plan Saint-Laurent pour un développement durable; il s’inscrit dans le domaine d’intervention Intégrité écologique, qui vise à « évaluer, consolider ou améliorer le réseau d’aires et de territoires protégés ou aménagés le long du Saint-Laurent ».

Des inventaires sont dressés depuis 2004 par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs ainsi que certains organismes non gouvernementaux qui collaborent de façon sporadique. En théorie, toutes les espèces vivantes devraient faire partie d’un inventaire de biodiversité, fait remarquer Sylvain Giguère, responsable du programme pour Environnement Canada. « Mais comme l’entreprise serait démesurée par rapport aux ressources disponibles, nous avons convenu de concentrer nos efforts sur la faune vertébrée. » Ce qui n’empêche pas de rechercher aussi des plantes lorsqu’il s’agit d’espèces en péril.

Parmi les sites connus qui ont été inventoriés jusqu’à maintenant figurent la Réserve nationale de faune du cap Tourmente, de même que les réserves du lac Saint-François, de Pointe-au-Père et de la baie de l’Isle-Verte. On a aussi échantillonné le refuge d’oiseaux migrateurs du mont Saint-Hilaire. Mais des territoires moins connus, qui ne jouissent pas d’un statut légal de protection, ont également été inclus dans le projet. C’est le cas d’une dizaine d’îles du Saint-Laurent situées entre le lac Saint-Louis et le lac Saint-Pierre, qui appartiennent au gouvernement fédéral et qui sont encore à l’état naturel.

En 2007, deux aires protégées ont aussi été ratissées aux Îles-de-la-Madeleine : la Réserve nationale de faune de la Pointe de l’est et le Refuge faunique de la Pointe-de-l’Est, des territoires qui s’imbriquent l’un dans l’autre sur une superficie d’environ 50 km2. Pas moins de 149 espèces d’oiseaux y ont été repérées, certaines en abondance, comme le bruant des prés et la mouette tridactyle, d’autres en moins grand nombre, comme le quiscale rouilleux, néanmoins avec satisfaction puisqu’il s’agit d’une espèce en péril au Canada. Cependant, pas de trace d’amphibiens ni de reptiles, quelques chauves-souris ont toutefois été observées, de même que le campagnol des champs et la souris sylvestre.

Trois autres sites ont également été inventoriés partiellement : la Réserve nationale de faune des Îles de l’Estuaire, où un nid de faucon pèlerin (espèce vulnérable au Québec) a été localisé; le projet de parc du lac Témiscouata, qui n’a pas permis de retracer la tortue des bois recherchée alors que cinq spécimens ont été observés tout près à l’extérieur des limites prévues; la Réserve nationale de faune du lac Saint-François où on a découvert l’une des plus grosses populations de dard de sable du Québec, un poisson menacé.

Les inventaires de 2006 avaient permis de recenser près d’une vingtaine d’espèces rares dont une en voie de disparition au Canada (le noyer cendré sur une île du couloir fluvial) ainsi que plusieurs « premières mentions » pour un territoire, notamment le petit blongios dans les marais du refuge faunique de Bristol, en Outaouais, le campagnol des rochers et le campagnol-lemming de Cooper dans la réserve écologique Claude-Melançon (Bellechasse), le petit polatouche, le campagnol sylvestre et la salamandre sombre du Nord au Refuge d’oiseaux migrateurs de Philipsburg et la salamandre à quatre orteils à la réserve nationale de faune du lac Saint-François. Ce sont toutes des espèces en péril au Canada ou qui font partie de la liste des espèces susceptibles d’être désignées au Québec.

Chaque année, depuis 2004, plusieurs plantes rares ont aussi été recensées, dont l’arisème dragon (plante herbacée menacée au Québec), sur trois îles du corridor fluvial. Un des faits saillants des saisons 2004 et 2005 avait d’ailleurs été le recensement de 23 plantes rares dans la seule réserve du lac Saint-François.

Autre fait saillant, la chauve-souris cendrée, susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable au Québec, a été trouvée dans presque tous les territoires inventoriés, grâce à une technique d’écoute utilisant les caractéristiques des signaux sonores émis par les individus en chasse. « Cela nous laisse penser que cette espèce serait plus commune qu’on le croyait », souligne Sylvain Giguère.

En 2008, biologistes et techniciens retourneront, entre autres, dans la RNF des Îles de l’Estuaire pour achever le travail avec les oiseaux chanteurs et les limicoles. Puis, en 2009, ils espèrent pouvoir amorcer un nouveau plan quinquennal (en préparation) en mettant l’accent sur les refuges d’oiseaux migrateurs et sur les projets de réserves écologiques.

Pour information :

Sylvain Giguère
Biologiste, Conservation des écosystèmes, Environnement Canada, Tél. : 418-648‑4554
Courriel : sylvain.giguere@ec.gc.ca.


Date de modification : 2008/06/19 – Avis important