Lorsque des bénévoles se joignent à un réseau d’observation bien encadré, ils peuvent fournir des connaissances précieuses dans des domaines où les chercheurs seuls ne peuvent combler tous les besoins. C’est le cas avec deux réseaux communautaires mis sur pied par Pêches et Océans Canada, région du Québec, en collaboration avec différents partenaires du milieu. Ces réseaux fournissent des données actuelles sur deux espèces-clés du Saint-Laurent maritime : le capelan et la zostère marine.
![]() |
Photo : A. Konstantinov |
Petit poisson très abondant dans l’estuaire maritime et dans le golfe, le capelan constitue une ressource alimentaire de première importance pour une multitude d’autres poissons, de mammifères marins et d’oiseaux. Chaque printemps, des bancs de plusieurs milliers de capelans profitent des marées pour pondre leurs œufs en roulant sur les plages de sable et de petit gravier.
C’est pour mieux connaître l’emplacement de ces sites de frai d’une année à l’autre ainsi que les périodes où cela se produit pour chaque endroit, que le Réseau des observateurs du capelan a été formé en 2002. Au total, plus de 150 sites ont été identifiés jusqu’à maintenant, dont certains où l’on n’avait pas vu de capelan « rouler » depuis 20 ans.
Au début de chaque saison, une trousse contenant un formulaire uniformisé est remise aux participants, lesquels retournent ensuite les résultats de leurs observations à un responsable du Réseau. Une ligne téléphonique sans frais (1-877-ça roule) permet aussi à toute personne de transmettre des observations. Depuis 2002, quelque 160 observateurs ont participé à la collecte d’information, sans compter la participation de quatre ministères et de plusieurs organismes du milieu, dont les comités ZIP en milieu marin.
Quant au Réseau zostère, il a été mis sur pied en 2004 dans le but d’acquérir de meilleures connaissances sur les herbiers très productifs que forme cette plante marine le long de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent. Les activités du réseau visent, entre autres, à échantillonner les espèces qui se reproduisent et croissent dans un tel habitat.
![]() |
Photo : C. Nozères |
Huit zosteraies (c’est ainsi que l’on désigne ces herbiers) font l’objet d’un suivi annuel dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie, sur la Côte-Nord et aux Îles-de-la-Madeleine. Environ 150 personnes membres de huit organismes différents y collaborent depuis la première année, dont des comités ZIP, des écoles, le Cégep de La Pocatière, le regroupement de pêcheurs autochtones Mamu Innu Kaikusseth et le parc national Forillon. Jusqu’à maintenant, quatorze espèces d’invertébrés et une trentaine de poissons, dont trois en situation précaire (morue, anguille, éperlan), ont été inventoriés dans ces herbiers.
En plus de mobiliser et de sensibiliser les communautés côtières, les réseaux permettent de recueillir des données simultanément à plus d'un endroit sur un grand territoire durant la saison. En réalisant un suivi annuel et en intégrant les savoirs local et traditionnel, les réseaux contribuent au développement d'une connaissance globale du Saint-Laurent marin. Plus les collaborateurs seront nombreux et plus il y aura de territoire couvert, plus significatives seront les données des deux réseaux. Ces données sont précieuses en vue de la prise de décision. Par exemple, les autorités responsables peuvent éviter qu’une plage reconnue comme un site de frai soit perturbée par des travaux en zone côtière au moment où le capelan s’apprête à rouler.
Marie-Claude Martel
Institut Maurice-Lamontagne
Pêches et Océans Canada
850, route de la Mer, Mont-Joli
G5H 3Z4
Tél. : 418 775-0519
Ccourriel : marie-claude.martel@dfo-mpo.gc.ca.
Date de modification : 2009/02/26 – Avis important

