Petit chapeau, manches longues et bottes de pluie, appareil photo et jumelles au cou, GPS et bloc-notes en main, elles s’enfoncent lentement dans le marais. Leur mission : démasquer les intrus et les signaler à la Direction générale des sciences et de la technologie d’Environnement Canada.
Pour la circonstance, elles, ce sont les membres du « commando » du Comité ZIP du lac Saint-Pierre qui, depuis 2005, participe à un suivi des espèces végétales envahissantes, dans le cadre du programme Suivi de l’état du Saint-Laurent (biodiversité sur les milieux humides). À ces deux permanentes du Comité, s’ajoutent occasionnellement des collaborateurs appartenant à divers groupes de la région ou du personnel d’autres projets du Comité ZIP. Les intrus, eux, ce sont les plantes exotiques qui envahissent les milieux humides du lac Saint-Pierre.
« C’est en 2004 que le Centre Saint-Laurent – aujourd’hui, la Direction générale Sciences et technologie de l'eau d’Environnement Canada – nous a pressenties pour prendre part à ce projet », raconte la biologiste du Comité, Maryse Longchamps. Le projet consiste à suivre l’évolution des espèces végétales envahissantes qui poussent tout le long des berges du Saint-Laurent et à vérifier si de nouvelles espèces s’introduisent. Comme la tâche est énorme, l’organisme veut associer les collectivités riveraines à son entreprise en élaborant avec ces dernières des activités de collecte de données.
« Nous avons d’abord reçu une formation donnée par Environnement Canada, explique Mme Longchamps, sur ce que sont les plantes envahissantes, de même que sur les façons de les identifier et d’enregistrer les données de façon uniforme. Puis, nous nous sommes lancées. » Jusqu’à maintenant, le Comité ZIP a inventorié plus d’une centaine de sites sur la rive nord et les îles du lac Saint-Pierre. Souvent, l’activité est jumelée à d’autres projets comme des inventaires fauniques et floristiques, le nettoyage de berges ou un suivi de l’érosion. Mais plusieurs sorties portent aussi exclusivement sur les plantes envahissantes.
Les intrus ne sont pas difficiles à découvrir. « Sur la rive nord du lac Saint‑Pierre, il y en a beaucoup, s’exclame la biologiste. Nous choisissons un site de façon aléatoire et nous sommes presque assurées d’y trouver des espèces exotiques envahissantes. » Au lac, six espèces sont étudiées, et plus particulièrement le phalaris roseau, ainsi que le phragmite commun. Dans les deux cas, il existe une variété indigène et une variété européenne, qui serait plus envahissante. En 2005, les membres du Comité ZIP devaient d’ailleurs récolter des feuilles de phragmite, au cours de leurs sorties, et les envoyer au Centre Saint-Laurent pour une analyse génétique visant à en déterminer la variété.
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Phalaris roseau |
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Phragmite commun |
« Notre participation à ce projet nous a permis de réaliser l’ampleur du problème des plantes exotiques envahissantes, témoigne Mme Longchamps. Ce que nous avons trouvé particulièrement frappant, c’est que certaines de ces plantes sont encore commercialisées comme végétaux d’ornement en dépit des difficultés qu’elles causent lorsqu’elles s’échappent en nature. »
Jusqu’à maintenant, le Comité ZIP a présenté les résultats de son travail à la Direction générale des sciences et de la technologie d’Environnement Canada, de même qu’au forum Rendez-vous Saint-Laurent 2006 tenu à Nicolet en juin dernier.
Les personnes et organismes qui voudraient s’engager dans le suivi des espèces végétales envahissantes du lac Saint-Pierre peuvent communiquer directement avec Maryse Longchamps, au 100, avenue Saint‑Jacques, à Louiseville, ou par téléphone au 819 228‑1384 ou par courriel à l’adresse mlongchamps@comiteziplsp.org.
Mme Louise Corriveau
Comité ZIP du lac Saint-Pierre
Téléphone : 819 228-1384
Télécopieur : 819 228-1385
Courriel : lcorriveau@comiteziplsp.org
Date de modification : 2008/04/02 – Avis importants

