Plan St-Laurent - Pour un développement durable


Accueil / Le Saint-Laurent entre bonnes mains / Des collectivités engagées / Programme ZIP


Le Comité ZIP Ville-Marie protège une rivière « naturelle » en milieu urbain

Juste en face de l’île de Montréal, entre Brossard et La Prairie, coule une rivière restée étonnamment naturelle, compte tenu du milieu urbanisé qui l’enserre. La rivière Saint‑Jacques allait-elle garder ses attributs verts encore longtemps, ou bien serait-elle sacrifiée au développement urbain, comme tant d’autres cours d’eau en milieu urbain?

rivière Saint-Jacques

Rivière Saint-Jacques
Photo : Comité ZIP Ville-Marie

C’est le Comité ZIP Ville-Marie qui a fourni la réponse. Depuis une dizaine d’années, le Comité travaille sans relâche non seulement pour que les richesses de ce petit trésor presque caché soient un jour protégées, mais pour qu’elles soient aussi aménagées sous forme de parc régional de conservation et de mise en valeur à l'usage de la population.

« On y est presque », se réjouit Luc Bergeron, le directeur de l’organisme. Après avoir tenu une consultation publique en 1997, où la population a déclaré considérer la protection de la rivière comme une action prioritaire, et après avoir réussi à rallier un grand nombre de partenaires, dont les municipalités de Brossard et de La Prairie, la MRC de Roussillon, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs ainsi qu’Environnement Canada, le Comité ZIP s’apprête maintenant à rendre public (probablement en septembre) son Plan directeur d’aménagement et de mise en valeur de la rivière Saint‑Jacques.

Fondé sur une étude détaillée du milieu (physique, biologique et historique), ce document révèle entre autres choses que la rainette faux-grillon de l’Ouest et le petit blongios – un amphibien et un oiseau en situation précaire au Québec – sont présents sur le territoire. Les rives et les nombreuses zones humides abritent en fait une variété très riche d’amphibiens, de reptiles et d’oiseaux, tandis qu’une trentaine d’espèces de poissons peuplent la rivière elle-même. Deux boisés de grande valeur recèlent des essences d’arbres présentes dans le sud du Québec seulement, notamment deux espèces de caryers (cordiforme et ovale) et deux espèces de chênes (bicolore et à gros fruits), en plus de l’ostryer de Virginie et du charme de Caroline, pour ne nommer que celles-là. Le cerf de Virginie, le lapin à queue blanche et le lièvre d’Amérique y broutent paisiblement.

Rainette faux-grillon Petit Blongio de l'Ouest

Rainette faux-grillon de l'Ouest
© Ryan M. Bolton

Petit blongio
© Brian E. Small

La première phase du projet devrait débuter le printemps prochain par l’aménagement de sentiers polyvalents (pédestres et cyclables), pour se poursuivre au cours des quatre années suivantes. Elle comprendra divers aménagements récréoéducatifs, des aménagements fauniques, notamment pour restaurer ou améliorer les habitats de reproduction de plusieurs espèces, ainsi que la création d’écrans de végétation à certains endroits. La section de la rivière visée par cette première phase s’étend sur quatre kilomètres, entre le parc Radisson, près de l’embouchure du cours d’eau (qui se jette dans la voie maritime) et l’autoroute 30. Deux phases ultérieures permettront, sur un horizon d’une dizaine d’années, la mise en valeur de l’embouchure de la rivière et celle des deux boisés qui se trouvent à l’est de l’autoroute 30 et où le paysage devient surtout agricole et forestier.

Ce qui facilitera la réalisation de ce projet, explique Luc Bergeron, c’est que presque tout le territoire visé est de tenure publique. Les deux municipalités en possèdent une partie, de même que le ministère des Transports du Québec et Transports Canada. C’est d’ailleurs en grande partie parce qu’elles avaient été acquises par Transports Canada, lors de la construction de la voie maritime dans les années 50, que ces terres ont été préservées du développement urbain.

Au total, la rivière coule sur 25 km environ, presque entièrement à l’intérieur de la communauté métropolitaine de Montréal.

Pour information 

M. Luc Bergeron
Comité ZIP Ville-Marie
Courriel : zip_vm@cam.org
Site Internet : http://www.zipvillemarie.org/fr/


Date de modification : 2008/04/02 – Avis importants