En 1973, à la suite d'une entente fédérale/provinciale, le Comité d'étude sur le fleuve Saint-Laurent fut mis sur pied. Une vingtaine de recommandations furent énoncées suite aux travaux du comité et touchant principalement les problématiques de dépollution municipales et industrielles, le dragage de sédiments contaminés, l'aménagement et la protection des rives et la conservation des ressources. Déjà, on identifiait la nécessité de coordonner les interventions des gouvernements fédéral et québécois, en matière d'interventions sur le fleuve.
Puis, ce fut au tour de l'équipe du Projet Saint-Laurent, mise en place par le Conseil exécutif du gouvernement du Québec en 1982, de publier en 1985 son rapport intitulé « Le Saint-Laurent - ressource nationale prioritaire ». Le projet de mise en valeur devait viser particulièrement le domaine du transport international des marchandises. 1 Le gouvernement crée par la suite le Secrétariat à la mise en valeur du Saint-Laurent qui veillera à la promotion du transport maritime et fluvial aux niveaux national et international et ce, autant pour la navigation de plaisance que commerciale.
Deux ans après la publication du rapport du Projet Saint-Laurent, le Conseil des ministres du Québec confie aux ministres de l'Environnement et des Transports le mandat de « … proposer un plan intégré de mise en valeur à la fois environnementale et économique du Saint-Laurent. » 2 Le Comité directeur mieux connu sous le nom de Comité Dagenais fut donc mis sur pied. Le Comité Dagenais présente en juin 1989, un ambitieux programme de mise en valeur du Saint-Laurent dont l'objectif est de « … redonner au fleuve sa qualité, de le protéger, de le conserver et de tirer parti de tout son potentiel, ainsi que de ses rives, pour faire revivre les usages perdus et améliorer les usages actuels. » 3 La Commission propose ainsi 174 recommandations portant sur la qualité de l'eau et la gestion des sédiments, l'assainissement urbain et industriel, la régularisation des niveaux d'eau, la protection des rives, du littoral et des plaines inondables, la conservation du patrimoine naturel, le tourisme et les loisirs, les pêches commerciale et sportive, le commerce maritime et les outils de promotion du Saint-Laurent. Les réalisations qui ont suivi ce vaste programme ont ciblé principalement l’assainissement industriel et urbain.
Donc parallèlement aux travaux de ces différents comités, le gouvernement du Québec mettait en place son vaste programme d'assainissement des eaux usées. Ainsi, par les interventions d’assainissement réalisées dans le cadre du Programme d'assainissement des eaux du Québec (PAEQ), du Programme d’assainissement des eaux usées municipales (PADEM), du Programme de réduction des rejets industriels (PRRI), mais également celles issues de l'Accord sur la qualité de l'eau des Grands Lacs, la qualité de l’eau du Saint-Laurent s'est grandement améliorée au cours des 30 dernières années.
Le Plan d’action Saint-Laurent, sans conteste, contribue depuis 1988 à l’amélioration de l’état de santé du Saint-Laurent, suscitant auprès de la population un réel intérêt de « retourner au fleuve ». Les gouvernements du Canada et du Québec sont associés depuis 1989 à la conservation, la protection, la restauration de l’écosystème du Saint-Laurent et le recouvrement des usages liés au Saint-Laurent via les ententes de concertation du Plan d’action Saint-Laurent (1988-1993) de Saint-Laurent Vision 2000 (1993-1998 et 1998-2003) et du Plan Saint-Laurent pour un développement durable (2005-2010). Cette collaboration de 20 ans a permis d’atteindre des résultats tangibles et importants dans les domaines de l’implication communautaire, de l’assainissement agricole, de la conservation de la biodiversité, de l’assainissement industriel et urbain, du développement d’une stratégie de navigation durable et de l’amélioration de la santé humaine des riverains relativement aux contaminants du fleuve.
Date de modification : 2008/04/02 – Avis importants

