Depuis 1988, le Saint-Laurent se trouve entre fort bonnes mains. En vertu d’une entente renouvelable entre le Canada et le Québec, quatre plans d’action successifs ont été menés par une douzaine de partenaires gouvernementaux (ministères et agences) et de nombreux collaborateurs des secteurs privé et communautaire, afin de redonner un fleuve en santé à la population. Jusqu’à maintenant, les efforts ont porté fruit. Et ça continue !
D’abord connu sous le nom de Plan d’action Saint-Laurent (PASL), durant les cinq premières années, le programme fédéral-provincial est ensuite devenu Saint-Laurent Vision 2000 (SLV 2000), pendant 10 ans, puis Plan Saint-Laurent pour un développement durable (PSL) à la faveur du plus récent renouvellement de l’entente pour la période 2005-2010. À chacune de ces phases, de nouveaux éléments sont venus ajouter de la valeur au programme et les champs d’action se sont élargis.
Ainsi, au cours de la première phase – le PASL –, quatre grands domaines d’intervention accaparent les efforts des partenaires : la protection de la qualité de l’eau contre les substances toxiques, la conservation des habitats et des espèces, l’évaluation de l’état de l’environnement et des écosystèmes ainsi que la restauration des milieux perturbés. Dans le cadre de ces activités, les deux gouvernements s’efforcent d’utiliser des données compatibles, partagent leur information et mettent en commun leurs ressources, toujours dans un but de complémentarité et dans le respect de leurs juridictions respectives.
Le grand succès de cette première phase aura certainement été la réduction de plus de 90 % des rejets liquides toxiques, obtenue des 50 usines les plus polluantes du Saint-Laurent. Au chapitre de la conservation, on aura réussi à protéger 5000 hectares d’habitats naturels et à mettre en place des mesures d’intervention pour six espèces menacées.
La seconde phase du programme – SLV 2000 – poursuit les efforts amorcés par le PASL : 56 nouvelles usines sont ajoutées au programme de réduction des rejets liquides toxiques industriels et on protégera 7000 hectares supplémentaires d’habitats fauniques et floristiques. Mais, en plus, on élargit le champ d’intervention des partenaires pour inclure la santé humaine, l’agriculture et l’implication communautaire. Désormais, une vision écosystémique guidera les actions, une approche globale selon laquelle le Saint-Laurent constitue un tout et est considéré dans l’ensemble de ses composantes.
L’implication communautaire s’avérera particulièrement déterminante dans la suite des choses. Grâce à un réseau naissant de partenaires sur le terrain (les comités ZIP – zone d’intervention prioritaire), un mouvement de prise en charge locale s’effectuera à travers tout le territoire. Des initiatives les plus diverses, en provenance des communautés, viendront ainsi s’ajouter aux projets des partenaires gouvernementaux : nettoyages de berges, construction d’infrastructures de mise en valeur, protection d’espèces en situation précaire, décontamination de zones portuaires…
Durant la troisième entente quinquennale – encore sous le nom de SLV 2000 –, le réseau de comités ZIP se consolide, la dépollution des effluents urbains et industriels se poursuit – cette fois avec des PME –, l’agriculture, la santé humaine et la conservation de la biodiversité font toujours partie des priorités, et deux nouveaux domaines d’intervention sont ajoutés : la navigation, à la demande expresse des groupes communautaires partenaires de SLV 2000, ainsi que le programme Suivi de l’état du Saint-Laurent qui vise à comprendre l’évolution de l’écosystème à l’aide d’indicateurs environnementaux et à en dresser un portrait global qui devra être remis à jour continuellement.
Si ce Suivi environnemental devient vite un volet phare de l’entente, on est très fier aussi du principal résultat atteint dans le domaine de la navigation : une Stratégie de navigation durable pour le Saint-Laurent qui servira de modèle dans tout le monde maritime par la suite.
Enfin, dans la quatrième phase, on s’aligne résolument sur le développement durable, ce concept qui englobe des préoccupations à la fois environnementales, sociales et économiques. D’où la nouvelle appellation de Plan Saint-Laurent pour un développement durable.
L'entente actuelle comprend maintenant six grands domaines d’intervention : l’intégrité écologique (plus ou moins l’ancien domaine de la conservation des habitats et des espèces), l’agriculture, la navigation, l’implication communautaire et la sensibilisation (avec un volet jeunesse) et le Suivi de l’état du Saint-Laurent, tous reconduits des phases précédentes. À cela, s’ajoute l’ambitieux projet de Gestion intégrée du Saint-Laurent (GISL) qui vise à instaurer une nouvelle forme de gouvernance du Saint-Laurent. Il s’agit d’un processus permanent basé sur la concertation de l’ensemble des décideurs, des usagers et de la société civile qui permettra une planification et une meilleure harmonisation des mesures de protection et d’utilisation des ressources de cet important écosystème.On souhaite mettre en œuvre la gestion intégrée du Saint-Laurent d’ici la fin de la phase actuelle de l’entente, en 2010.
Date de modification : 2008/04/02 – Avis importants

