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Les milieux humides à la grandeur du bassin Grands Lacs–Saint-Laurent font l’objet d’activités considérables de suivi à l’aide d’indicateurs pour faire le point sur leur condition. Des programmes binationaux sur les Grands Lacs (Canada–États-Unis) ont pour objectif d’élaborer et de mettre en oeuvre des systèmes de suivi standardisés. La Conférence sur l’état de l’écosystème des Grands Lacs (CÉÉGL), une conférence biennale organisée par Environnement Canada et l’Environmental Protection Agency des États-Unis, fournit des informations indépendantes sur l’état de l’écosystème du bassin des Grands Lacs.
De surcroît, cinq partenaires gouvernementaux – Environnement Canada, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Pêches et Océans Canada et l’Agence spatiale canadienne – mettent leurs expertises et leurs efforts en commun pour fournir aux Canadiens de l’information sur l’état du fleuve Saint-Laurent et sur son évolution à long terme.
La couverture des données actuelles sur les milieux humides du fleuve est bonne puisque la majeure partie des rives entre Cornwall et Québec a été cartographiée. Toutefois, en aval de Québec, les données sur les milieux humides riverains sont limitées et incomplètes.
Les données actuelles sur les milieux humides des Grands Lacs au nord du Bouclier canadien sont restreintes. Des rives complexes comme celles du lac Huron et de la région de la baie Georgienne contiennent un grand nombre d’archipels qui abritent plusieurs petits milieux humides protégés. L’identification et la délimitation de ces milieux humides à l’aide des techniques traditionnelles d’interprétation de photographies aériennes sont très difficiles. Une cartographie exacte de ces zones nécessitera l’utilisation de la télédétection. Un autre obstacle aux activités actuelles de suivi est l’exclusion de la végétation aquatique submergée. Cette classe de milieu humide riverain a été typiquement délimitée par la quantité de végétation visible par l’interprétation de photos aériennes ou d’images de télédétection. Un désavantage de ces techniques est que la plupart des plantes aquatiques submergées ne sont pas incluses correctement dans les limites des milieux humides. À l’avenir, l’amélioration des méthodes de levés bathymétriques et des techniques d’imagerie, ainsi que de la résolution et de la disponibilité des images de télédétection permettra des estimations plus exactes des limites des milieux humides.
Le besoin d’une base de données globale sur les milieux humides du bassin Grands Lacs–Saint-Laurent a été bien documenté. Des progrès ont été réalisés en reliant les bases de données existantes ainsi que les classifications pour permettre d’élaborer une image uniforme du système Grands Lacs–Saint-Laurent dans son ensemble. Toutefois, il reste beaucoup à faire pour améliorer les normes de classification au-delà des frontières politiques, pour combler les lacunes de l’information régionale et développer des protocoles afin de faciliter le suivi et la diffusion de l’information dans le futur.
Il n’existe pas actuellement de programme coordonné de suivi à long terme des milieux humides des Grands Lacs. Le Great Lakes Coastal Wetlands Consortium est un groupe de scientifiques, de décideurs et d’autres intervenants américains et canadiens qui se vouent à l’établissement d’un programme de suivi des milieux humides des Grands Lacs, incluant le développement de protocoles de suivi et la création d’une base de données binationale accessible aux scientifiques, aux décideurs et au public. Instauré en novembre 2000, le consortium créé par la Commission des Grands Lacs et financé par l’Environmental Protection Agency des États-Unis élabore et valide des indicateurs de milieux humides riverains recommandés au cours de la CÉÉGL de 1998. Environnement Canada participe activement à ce consortium.
La superficie des milieux humides riverains par type et la santé des communautés végétales ont été identifiées comme indicateurs prioritaires à développer dans cette initiative. La réponse des milieux humides riverains des Grands Lacs au stress varie beaucoup selon leur géomorphologie et leur lien hydrologique aux lacs. Pour cette raison, le Consortium se penche sur la classification des milieux humides à l’aide d’un système fondé sur l’hydrogéomorphologie. Il reste à développer un système binational normalisé de classification fondé sur la végétation et une méthode de suivi; des options de télédétection sont également à l’étude.
Environnement Canada a développé une expertise dans l’utilisation de la télédétection pour produire des cartes à haute résolution des milieux humides entre Cornwall et Montmagny. Un projet de suivi des milieux humides du Saint-Laurent est en cours depuis 1996 pour mieux comprendre l’état et la dynamique de la végétation des milieux humides. Plusieurs techniques de télédétection satellitaire et aéroportée sont employées pour acquérir des images des milieux humides riverains du Saint-Laurent. Toutefois, une classification des milieux humides fondée sur l’approche hydrogéomorphologique n’a pas été employée pour le fleuve Saint-Laurent.
Des paramètres de l’indicateur de la santé des communautés de plantes des milieux humides sont également en cours de développement. La présence, l’abondance et les changements des communautés végétales des milieux humides et des espèces envahissantes ont été identifiés comme paramètres potentiels pour cet indicateur. Des travaux ont récemment débuté sur l’application d’un programme de suivi spécifique aux espèces végétales envahissantes.
Environnement Canada a instauré le processus de développement d’approches intégrées pour le suivi du bassin Grands Lacs–Saint-Laurent. Toutefois, des efforts additionnels seraient nécessaire pour :
harmoniser les classifications des milieux humides et des communautés de plantes;
commencer à développer une compréhension commune des objectifs, méthodes et résultats attendus relativement aux problèmes des plantes envahissantes;
et fournir des résultats et des liens comparables entre les activités de suivi des indicateurs des milieux humides effectuées dans les Grands Lacs et dans le fleuve Saint-Laurent.
Le bassin Grands Lacs–Saint-Laurent possède encore de grandes étendues de milieux humides diversifiés qui abritent des centaines d’espèces végétales et animales d’une grande importance écologique et sociétale. Des initiatives de conservation à grande échelle, la nouvelle perception du public et une meilleure protection des milieux humides dans les politiques publiques ont fortement diminué le taux de pertes de milieux humides durant les dernières décennies. Cependant, les superficies de milieux humides continuent de s’éroder, et il y a une inquiétude grandissante au sujet de la dégradation progressive de la qualité des milieux humides due à l’intensification de l’utilisation du sol dans les bassins versants des milieux humides riverains. D’importantes initiatives de suivi en multipartenariat en cours dépassent les frontières politiques et ont pour résultat la création de normes pour le suivi des milieux humides à l’échelle du bassin. Une collaboration entre les programmes de suivi des milieux humides dans les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent assurera une amélioration de la diffusion de l’information à l’échelle du bassin dans l’avenir.
Les stress subis par les milieux humides |
Les milieux humides sont soumis à des stress en tout temps, qu’ils soient dus à des phénomènes naturels comme des tempêtes, ou à des dérangements anthropiques comme le drainage et le remblayage. Certains degrés de stress sont propices aux milieux humides. Par exemple, les fluctuations des niveaux d’eau peuvent augmenter la diversité des communautés végétales. Par contre, de nombreux stress réduisent la superficie et perturbent les fonctions des milieux humides. Ces stress peuvent être directs ou indirects. Les stress directs, comme le drainage et le remblayage, se produisent dans les milieux humides mêmes et sont par conséquent faciles à repérer. Les causes des stress indirects sont souvent éloignées physiquement des milieux humides. Ces stress incluent le ruissellement urbain et agricole et les pluies acides, qui sont difficiles à contrôler à cause de leur origine diffuse et variable. Les indicateurs sont un excellent moyen d’évaluer le degré de stress à différents endroits et pour suivre les améliorations ou les détériorations. |
CENTRE SAINT-LAURENT. 1996. Rapport-synthèse sur l’état de l’environnement. Volume 1 : L’écosystème du Saint-Laurent. Environnement Canada – Région du Québec et Éditions MultiMondes, Montréal. Collection « BILAN Saint-Laurent », 694 pages.
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JEAN, M., G. LÉTOURNEAU, C. LAVOIE et F. DELISLE. 2002. Les milieux humides et les plantes exotiques en eau douce. Environnement Canada — Région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent et Université Laval, Centre de recherche en aménagement et développement. Fiche d’information de la collection « Suivi de l’état du Saint-Laurent », 8 pages.
RédactionJoel Ingram et Krista Holmes Martin Jean, Guy Létourneau et Caroline Savage
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Date de modification : 2008/05/01 – Avis importants

