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Tout comme la quantité d’un contaminant donné rejeté dans un écosystème a une incidence directe sur sa concentration dans l’environnement aquatique, sa source a elle aussi une incidence sur la variation de ses concentrations dans l’environnement. Ces variations sont amplifiées ou atténuées par des phénomènes hydrologiques telles la dilution et la sédimentation. L’évaluation de la qualité de l’eau d’un cours d’eau nécessite donc l’analyse d’échantillons multiples et de plusieurs contaminants différents. En vue de décrire les résultats d’une manière plus conviviale, le Conseil canadien des ministres de l’environnement (CCME) a élaboré un indice de la qualité des eaux qui offre un fondement pour une évaluation globale de la qualité des eaux à un endroit donné. On doit cependant faire preuve de prudence en utilisant cet indice pour comparer différents sites afin d’éviter la distorsion des résultats.
Ainsi, l’utilisation de cet indice pour comparer les trois stations dépend de certaines conditions. Les contaminants choisis pour calculer l’indice doivent être mesurés à chaque station pour une période et une fréquence d’échantillonnage comparables. Il faut aussi comparer les contaminants par rapport aux critères visant la protection de la vie aquatique.
En se fondant sur ces critères, on a choisi 12 contaminants appartenant à trois grands groupes: métaux (de sources industrielles et naturelles), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP; de sources de chauffage et de transport) et pesticides (de sources agricoles). La liste complète des contaminants et les critères de protection de la vie aquatique sont donnés au tableau 1. Les valeurs de l’indice varient de 90 dans la rivière Niagara à 95 à Wolfe Island et à Québec, ce qui indique une qualité de l’eau allant de bonne à excellente. Ces résultats n’indiquent pas l’absence des contaminants étudiés, mais plutôt que leurs concentrations dépassent rarement les critères de qualité pour la protection de la vie aquatique.
Table 1. Recommandations canadiennes pour la qualité des eaux visant la protection de la vie aquatique (CCME) en µg/L et ng/L. |
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Par exemple, les concentrations de mercure sont 25 fois plus faibles que les recommandations du CCME sur la qualité des eaux.
Figure 7. Concentrations de mercure, 2004. La concentration recommandée pour la protection de la vie aquatique est de 26 ng/L. |
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Il est parfois difficile de déterminer les sources de métaux puisque ceux-ci sont naturellement présents dans tous les plans d’eau. Ce n’est que lorsque les concentrations de métaux dépassent un niveau naturel que l’on peut conclure que des activités humaines représentent un apport important. On n’a relevé que quelques excédents en comparant les concentrations observées de métaux dissous par rapport aux critères de qualité (tableau 1).
Chez les métaux, seules les concentrations de cuivre dépassaient les critères et ce fut le cas aux trois stations. Les excédents tendaient à correspondre à des concentrations élevées de matières en suspension, (p. ex., pendant des inondations ou des orages) ce qui porte à croire que ce cuivre est d’origine naturelle.
Les concentrations de HAP affichent une nette diminution entre la station de Niagara-on-the-Lake et celle de Wolfe Island.
Figure 8. Concentrations de HAP aux stations d’échantillonnage de Niagara-on-the-Lake, de Wolfe Island et de Québec. |
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Cette différence est due aux processus de volatilisation (perte dans l’atmosphère) et de sédimentation (perte dans les sédiments) se produisant dans le lac Ontario. Dans le fleuve Saint-Laurent et la rivière Niagara, les concentrations de HAP affichent de fortes variations saisonnières, les maximums atteints l’hiver et les minimums, l’été. Ces variations ne sont pas liées au cycle hydrologique, la forte concentration de HAP en hiver s’expliquant probablement par une augmentation de la combustion de bois et d’autres combustibles fossiles. En effet, la plus forte concentration de HAP mesurée dans le fleuve Saint-Laurent depuis 1995 correspond à la période suivant la tempête de verglas de 1998.
Figure 9. Concentrations de HAP dans le fleuve Saint-Laurent, 1995-2001. |
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Les concentrations actuelles de HAP sont comparables aux concentrations mesurées dans le fleuve en 1990. Par contre, les concentrations de HAP à l’embouchure de la rivière Niagara et à l’amont du fleuve Saint-Laurent (Wolfe Island) ont diminué depuis 1990.
On a surveillé deux pesticides en usage dans le système lac Ontario-fleuve Saint-Laurent: l’atrazine et le métolachlore. Les concentrations de ces pesticides sont les plus élevées à Niagara-on-the-Lake.
Figure 10. Concentrations d’atrazine aux stations d’échantillonnage de Niagara-on-the-Lake, de Wolfe Island et de Québec en 1995 et 2000. |
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En général, les concentrations mesurées dans le fleuve Saint-Laurent sont du même ordre de grandeur que celles mesurées en amont et en aval du lac Ontario. Les concentrations de pesticides affichent une répartition cyclique, les concentrations les plus élevées en été, apparemment causées par l’épandage de pesticides sur les terres agricoles et les concentrations les plus faibles mesurées au printemps, probablement à cause de la dilution produite par la fonte des neiges.
Figure 11. Concentrations d’atrazine dans le fleuve Saint-Laurent, 1995-2002. |
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Quoique les concentrations de ces pesticides fluctuent beaucoup selon la saison, aucune tendance, ni croissante ni décroissante, n’a été relevée dans le fleuve depuis 1995. Dans le lac Ontario, les concentrations d’atrazine ont été stables depuis 1990.
L’indice de la qualité des eaux |
L’indice de la qualité des eaux (IQE), tout comme l’indice UV et l’indice de la qualité de l’air, sert à résumer de grandes quantités de données sur la qualité des eaux. Le calcul d’un indice sert avant tout à simplifier l’information afin de la rendre accessible aux décideurs et au grand public. Il permet aussi de compiler et de communiquer les données sur la qualité des eaux à l’échelle nationale de manière cohérente. Cet indice tient compte de plusieurs variables de la qualité des eaux et les compare aux recommandations ou objectifs en matière de qualité des eaux, afin de les qualifier (excellent, bon, moyen ou médiocre). L’indice peut se calculer à partir de critères adaptés à divers usages de l’eau (eau potable, récréative ou, dans le cas qui nous intéresse ici, vie aquatique). Le calcul de l’IQE se fonde sur trois attributs de la qualité des eaux : • le nombre de variables de la qualité des eaux qui ne respectent pas les objectifs; • le nombre de mesures individuelles qui ne respectent pas les objectifs; et • l’écart de ces mesures par rapport aux objectifs. Même s’il ne remplace pas une analyse détaillée des données, le but de l’IQE est de fournir un aperçu général du rendement écologique. L’utilisation de l’IQE nécessite certaines précautions. Ainsi, les comparaisons d’indices ne devraient avoir lieu que lorsque les mêmes ensembles de recommandations sont appliqués et que les mêmes ensembles de variables sont utilisés. Les variables considérées doivent aussi correspondre au plan d’eau évalué de sorte que l’indice calculé reflète l’état de ce plan d’eau. |
Date de modification : 2008/05/01 – Avis importants

