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Table des matières
Page couverture - Rapport quinquennal 1998-2003
puce Message du ministre de l'Environnement du Canada
puce Message du ministre de l'Environnement du Québec
puce Mot des coprésidents de l'Entente
puce Phase III du Plan d'action Saint-Laurent Vision 2000
puce Implication communautaire
puce Santé humaine
puce Santé de l'écosystème
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puce Communications
puce Dépenses gouvernementales
puce Évaluation des avantages et des coûts socioéconomiques
puce Faits saillants des quinze années du PASL
puce Liste des principales publications 1998-2003
puce Carte des résultats marquants (format PDF)
Ce rapport est aussi disponible en format PDF
 
Santé de l'écosystème

Agriculture

Le Québec compte plus de trente-deux mille entreprises agricoles. Citoyens et consommateurs exigent de ces dernières qu’elles concilient rentabilité, environnement et qualité des produits dans un contexte de forte concurrence. L’intensification de la production agricole des dernières décennies a accru les pressions exercées sur les ressources naturelles et plus particulièrement l’eau. Comme la pollution agricole est surtout d’origine diffuse, il est difficile de la circonscrire. La réduire exige l’adoption de meilleures pratiques agroenvironnementales à la ferme et une action davantage concertée sur l’ensemble du territoire.

Résultats visés

puce Réduire de 50 p. 100 l’utilisation des pesticides, obtenir 70 p. 100 des superficies en lutte intégrée d’ici 2003 et effectuer le suivi pour vérifier l’atteinte des résultats
puce Établir cinq clubs-conseils sur la rivière Boyer afin d’assurer une gestion agroenvironnementale du bassin et de favoriser le retour de la population d’éperlans
puce Valider un indicateur sur les risques de contamination des eaux de surface par le phosphore
puce Procéder au contrôle et à l’inspection dans le domaine de l’assainissement agricole et rendre les entreprises agricoles conformes au Règlement sur la réduction de la pollution d’origine agricole dans les tributaires du Saint-Laurent

Le principal objectif du domaine d’intervention Agriculture a été la réduction de l’utilisation des pesticides et des risques liés à l’emploi de ceux-ci pour des cultures ciblées (céréales, maïs, soya, pomme et pomme de terre). La voie d’action privilégiée a été l’adoption de pratiques de gestion agroenvironnementale pour les cultures ciblées qui représentent, à elles seules, 70 p. 100 des pesticides agricoles consommés, dont une large part sont des herbicides.

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Réduire l’utilisation des pesticides agricoles

Dans le cadre de la phase II de Saint-Laurent Vision 2000, des études avaient permis de constater la présence de pesticides agricoles, notamment d’herbicides utilisés pour les grandes cultures (maïs et soya), dans plusieurs rivières tributaires du fleuve Saint-Laurent. De plus, des pesticides avaient aussi été détectés dans l’eau souterraine de régions où se pratique une culture intensive de la pomme de terre.

Depuis 1998, le ministère de l’Environnement du Québec (MENV) a continué ses activités de suivi des pesticides dans quatre stations situées sur les rivières Saint-Zéphirin, Chibouet, des Hurons et Saint-Régis. Les données recueillies indiquent la présence d’une grande diversité de pesticides dans l’eau. Si l’on note une diminution des concentrations pour l’atrazine, on observe en revanche le maintien des concentrations pour tous les autres produits suivis ainsi que l’apparition, dans l’eau, de nouveaux pesticides. La présence de pesticides dans l’environnement demeure une préoccupation pour tous les citoyens et, en particulier, pour les agriculteurs qui en font usage.

Le rendement agricole peut être menacé par des organismes nuisibles (insectes, mauvaises herbes, agents pathogènes, etc.) contre lesquels le producteur agricole utilise divers moyens de lutte, dont les pesticides. L’approche de la lutte intégrée, aussi appelée « gestion intégrée des ennemis des cultures », offre au producteur différentes pratiques adaptables au contexte de production et lui permet de réduire l’utilisation des pesticides et d’en rationaliser les usages. La combinaison des moyens préventifs ou curatifs de lutte assure une réduction plus durable et souvent plus efficace des populations d'organismes nuisibles et contribue à réduire les risques associés à l'emploi exclusif des pesticides chimiques. Ces derniers ne sont d’ailleurs qu'un maillon de la lutte intégrée et doivent être utilisés uniquement si la situation le justifie.

L’agriculteur peut bénéficier d’aides ou d’outils, dont le suivi des ennemis des cultures par le Réseau d’avertissements phytosanitaires, l’usage de modèles prévisionnels agrométéorologiques et le recours à des moyens de lutte non chimique tels les prédateurs naturels et les appareils de désherbage mécanique. Dans cette perspective, Environnement Canada ainsi qu’Agriculture et Agroalimentaire Canada ont établi des modèles de prévision agrométéorologique basés sur des modèles mathématiques conjugués à des observations météorologiques. À titre d’exemple, le logiciel CIPRA (Centre informatique de prévision des ravageurs en agriculture) a été mis au point. Ce logiciel sert à détecter les conditions favorables au développement d’insectes et de maladies nuisibles aux récoltes et, par conséquent, à déterminer quelles sont les périodes d’intervention les plus propices.

Photo : travail champ agricole
Photo : Marc Lajoie, MAPAQ

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Grâce à la Stratégie phytosanitaire, le secteur agricole a fait de réels progrès en matière de lutte intégrée et d’usage raisonné des pesticides. Lancé en 1998, le Programme agroenvironnemental de soutien à la Stratégie phytosanitaire du domaine d’intervention Agriculture de Saint-Laurent Vision 2000 est venu appuyer la Stratégie phytosanitaire amorcée en 1992 par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Ce programme allait clairement faire de l’approche de la lutte intégrée la voie d’action privilégiée dans la poursuite de l’objectif de réduire de 50 p. 100 l’utilisation des pesticides d’ici 2003.

Le programme est venu appuyer des projets de développement ainsi que des projets de formation et de transfert technologique. Pour les grandes cultures, les projets réalisés avaient plusieurs buts : réduire les doses de pesticides, valider des techniques de désherbage mécanique et intégrer progressivement différentes pratiques de lutte intégrée. Pour la pomme, les projets ont porté, pour l’essentiel, sur la mise au point d’un nouveau type de pulvérisateur antidérive et la recherche de solutions de rechange à l’usage de pesticides, comme le recours à des acariens prédateurs et l’application d’urée. Pour la pomme de terre, les projets étaient axés notamment sur la lutte au doryphore, la réduction de l’usage des herbicides et le désherbage non chimique. Le matériel de sensibilisation et de formation produit dans le cadre de ces projets a été d’une grande utilité; plus de quatre cent mille exemplaires de publications variées ont été diffusés. Les 93 projets financés par l’intermédiaire du programme ont donné lieu à des interventions en milieu agricole dans plus de 125 municipalités (voir la carte des résultats marquants).

Photo : ferme agricole
Photo : Marc Lajoie, MAPAQ

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La répartition financière du Programme agroenvironnemental
de soutien à la Stratégie phytosanitaire

Années financières
Catégories de projets
Nombre de projets
Sommes accordées
1998-1999
Transfert technologique
14
218 063 $
Développement technologique
12
358 281 $
Formation
11
305 448 $
Total
37
881 792 $
 
1999-2000
Transfert technologique
8
169 417 $
Développement technologique
6
209 514 $
Formation
0
0 $
Total
14
378 931 $
 
2000-2001
Transfert technologique
11
253 101 $
Développement technologique
5
175 902 $
Formation
0
0 $
Total
16
429 003 $
 
2001-2002
Transfert technologique
24
416 572 $
Développement technologique
0
0 $
Formation
2
41 653 $
Total
26
458 225 $
 
2002-2003
Total
0 $
 
Total global
93
2 147 951 $
       

L’ensemble des efforts investis depuis 1998 ont permis de sensibiliser différents acteurs du milieu à l’importance de la lutte intégrée. Le suivi de l’atteinte de l’objectif pour la lutte intégrée a été assuré auprès d’un ensemble restreint d’entreprises agricoles membres des 79 clubs-conseils en agroenvironnement. Ainsi, en mars 2002, les superficies cultivées et engagées (en totalité ou en partie) en lutte intégrée – principalement les surfaces exploitées en grandes cultures – ont atteint plus de 92 215 ha, passant en proportion totale de 3 p. 100 à 39 p. 100 par rapport à 1998 (avec des valeurs intermédiaires de 11 p. 100 en 1999 et 24 p. 100 en 2000). Selon la progression observée, leur pourcentage relatif devrait se chiffrer à plus de 50 p. 100 en 2003.

Dû à un manque d’information sur l’utilisation réelle des pesticides dans les cultures ciblées, l’évaluation du degré d’atteinte de l’objectif de réduction des pesticides du domaine d’intervention Agriculture repose sur les données qui ont servi à établir les « bilans des ventes de pesticides au Québec » publiés par le MENV. Seules les données des années 1997, 1998 et 1999 sont disponibles (à cause des délais de collecte et de traitement des informations).

L’indicateur de résultat retenu est un indice de pression à l’hectare qui prend en compte les quantités de matières actives d’herbicide et les superficies cultivées. Les herbicides sont retenus pour cet indice de pression parce qu’ils sont davantage spécifiques aux cultures ciblées et qu’ils ont fait l’objet d’efforts soutenus et d’interventions plus nombreuses visant leur réduction comparativement à d’autres types de pesticides (fongicides, insecticides, etc.). Malgré le fait que les données de Statistique Canada indiquent que, pour la période de 1996 à 2001, les superficies des cultures traitées (toutes cultures confondues) avec des herbicides ont augmentées de 33 p. 100 indiquant une expansion de leur usage sur le territoire, il a été établi que l’indice de pression des herbicides pour les cultures ciblées (céréales, maïs, soya, pomme et pomme de terre) est passé de 2,11 kg de matières actives par hectare en 1997 à 1,46 en 1999, soit une diminution de 30,8 p. 100, dont une part significative peut sans doute être attribuée à la Stratégie phytosanitaire. Concernant ce résultat, il est aussi intéressant de mentionner que les ventes d’herbicides ont diminué de plus de 448 000 kg d’ingrédients actifs, alors que les superficies de cultures ciblées ont augmenté de plus de 45 000 ha pour la même période.

Vu la progression des superficies en lutte intégrée et les efforts soutenus découlant du Programme environnemental de soutien à la Stratégie phytosanitaire, cette progression devrait se poursuivre en 2000, 2001 et 2002. Cependant, divers facteurs influencent l’emploi des pesticides et le suivi environnemental effectué par le MENV indique que des herbicides sont encore régulièrement détectés dans les cours d’eau échantillonnés. Cette situation illustre le défi que représente la réduction de l’usage des pesticides agricoles, un enjeu qui demeure actuel et préoccupant.

Bref, on a vu se multiplier des gestes concrets en faveur de la lutte intégrée et de la réduction des pesticides. Ainsi, un bon nombre de producteurs, notamment les membres des clubs-conseils en agroenvironnement, se sont appropriés divers moyens mis à leur disposition pour combattre les ennemis des cultures. Diverses techniques ont trouvé leur place en remplacement ou en complément des pesticides. Le Programme agroenvironnemental de soutien à la Stratégie phytosanitaire a permis de faire progresser les bonnes pratiques; cette sensibilisation à l’égard de l’usage des pesticides devra se poursuivre afin de réduire le risque qu’ils représentent pour la santé des humains et des écosystèmes du Saint-Laurent.

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Restaurer la rivière Boyer

Il y a quarante ans, la rivière Boyer abritait une vie aquatique riche et diversifiée. Les riverains pouvaient s’y baigner et y pêcher. En outre, l’éperlan arc-en-ciel venait s’y reproduire près de l’embouchure. Au cours des années soixante, ce poisson a déserté progressivement son lieu traditionnel de frai. Aujourd’hui, force est de constater que plus d’une dizaine d’espèces de poissons ont disparu de ce cours d’eau. Son petit bassin versant, où l’on trouve actuellement plus de 275 producteurs agricoles, a connu des bouleversements qui ont perturbé considérablement l’équilibre des écosystèmes aquatiques.

photo: maïs
Photo : Luc Vallières, MAPAQ

La dégradation marquée du milieu a donc justifié la mise en œuvre d’un projet pilote d’intervention environnementale au cours de la phase II du Plan d’action Saint-Laurent. Des diagnostics agroenvironnementaux détaillés ont été effectués dans les fermes du bassin versant. En phase III, le Groupe d’intervention pour la restauration de la Boyer (GIRB) a favorisé la mobilisation des producteurs et l’adoption de solutions à apporter aux problèmes. Près de 110 producteurs agricoles ont eu recours aux services des clubs-conseils en agroenvironnement; parmi ceux-ci, 96 en sont membres en règle. En fait, un nombre croissant de producteurs se sont montrés intéressés à modifier leurs pratiques agricoles. De plus, 170 entreprises agricoles se sont dotées d’ouvrages étanches d’entreposage de fumier ou de lisier. L’adoption de bonnes pratiques à la ferme (travail du sol, haie brise-vent, conservation d’une bande de protection riveraine, limitation de l’accès du bétail aux rives, etc.) est très encourageante, même s’il reste encore beaucoup d’efforts à faire sur ce chapitre.

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Établir un indicateur de la contamination des eaux de surface par le phosphore

Le phosphore est un élément essentiel à la croissance des cultures et qui, en excès dans le sol, dégrade les eaux de surface. Une meilleure compréhension de sa migration, dans différents types de sols et de cultures, permet d’améliorer les pratiques de fertilisation. À cette fin, l’établissement d’un indicateur des risques de contamination des eaux de surface par le phosphore, selon les propriétés des sols en cause, aide à mieux comprendre l’eutrophisation des cours d’eau associée à l’usage de ce fertilisant. Le recours à ce nouvel indicateur permettra, en matière de fertilisation, de formuler des recommandations appropriées permettant de tenir compte des risques de contamination des eaux de surface par le phosphore.

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Vérifier la conformité au Règlement sur la réduction de la pollution d’origine agricole

La conformité de l’entreposage du fumier et du lisier a été vérifiée par le MENV en vertu du Règlement sur la réduction de la pollution d’origine agricole de 1998 à 2002, puis du Règlement sur les exploitations agricoles. Pour la durée de l’entente Saint-Laurent Vision 2000, soit de 1998 à 2003, quelque dix mille inspections et visites ont été effectuées dans les entreprises agricoles des six régions agricoles retenues (Chaudière-Appalaches, Montréal-Laval-Lanaudière, Montérégie [secteurs est et ouest], Centre-du-Québec et Estrie). Dans ces six régions, plus de trois mille sept cents ouvrages d’entreposage conformes ont été construits, ce qui a permis de dépasser largement l’objectif visé de deux mille. Le MAPAQ a investi dans les six régions ciblées quelque 146 millions de dollars dans le cadre du programme Prime-Vert.

     
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