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BULLETIN D'INFORMATION
SAINT-LAURENT VISION 2000

VOLUME 7  – NUMÉRO 1 – JANVIER 1997
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Une expérience d’agriculture plus durable

L’expérience des clubs-conseils en agriculture durable, qui a commencé en 1993, se terminera bientôt. Quels résultats ont été obtenus jusqu’à présent ?

Le programme des clubs-conseils en agriculture durable, lancé en vertu de l’Entente Canada-Québec pour un environnement durable en agriculture, a consisté en la mise en place de 12 regroupements volontaires de fermes faisant face à des problèmes environnementaux similaires. Ces groupes sont répartis dans toutes les régions du Québec, sauf en Abitibi-Témiscamingue et en Outaouais-Laurentides. Chacun des clubs-conseils réunit entre 20 et 30 entreprises agricoles. Les quelque 290 exploitations touchées par le programme avaient en moyenne une superficie de 30 000 hectares; leurs principales activités étaient la production laitière, la production porcine, les céréales et, à un degré moindre, le tabac et la pomme de terre.

Photo : Champs d'avoine et d'orge
Champs d'avoine et d'orge sans traitement d'herbicide, à l'exception de quelques parties localisées.

Poursuivant des objectifs d’amélioration de la qualité de l’eau, de diminution de la pollution diffuse et d’une meilleure conservation des ressources, les clubs-conseils visent à appuyer le travail des exploitants agricoles qui veulent modifier leurs pratiques culturales pour les rendre plus «durables». Lancé en août 1993 et doté d’un budget de 2,2 millions de dollars sur quatre ans, le programme se terminera le 31 mars 1997.

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Une stratégie d’intervention pour chaque ferme

«L’objectif des clubs-conseils est d’aider les producteurs et productrices agricoles à établir leur propre stratégie pour solutionner leurs problèmes environnementaux», mentionne Pierre Beaudet, responsable du programme et agronome à la Direction de l’environnement et du développement durable au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Les problèmes rencontrés sont causés surtout par la pollution diffuse – il y a peu de pertes par hectare mais les exploitations sont de grande superficie.La détermination des actions à entreprendre est par conséquent complexe et nécessite une bonne connaissance du système de production: gestion des fertilisants (engrais de ferme ou engrais minéraux), gestion de la matière organique, gestion des sols, etc. La mise à jour des plans de ferme ainsi que la tenue de registre des champs ont donc été encouragées.

Le plan de ferme associé au registre des champs permet d’avoir une vue d’ensemble de la ferme et de mieux suivre les différentes parcelles. En notant les quantités et la nature des engrais épandus, le niveau de fertilité des sols, les mauvaises herbes présentes, etc., les producteurs agricoles peuvent mieux planifier leurs activités. L’adoption de plans de culture, de plans de fertilisation, etc., complète cette collecte d’information. Celle-ci peut paraître contraignante de prime abord, mais l’information recueillie permet de comparer les résultats d’une année à l’autre et de mieux cerner la problématique. Certaines entreprises se sont même procuré un registre de champs informatisé pour mieux suivre leurs opérations.

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Ne pas nuire à la rentabilité de la ferme

«Bien que l’objectif du programme soit d’améliorer la situation environnementale des entreprises agricoles, ajoute Pierre Beaudet, on doit tenir compte de l’impact économique des pratiques qu’on introduit. Si les modifications hypothèquent la rentabilité de la ferme à court ou à moyen terme, il faut réévaluer la stratégie.» Les changements de mentalité que l’on constate aujourd’hui découlent de cette approche réaliste. Une enquête menée l’été dernier a d’ailleurs permis de constater des améliorations notables dans l’épandage d’engrais de ferme, la rotation des cultures, la protection des sols et l’usage des herbicides. La plupart des agriculteurs savent aussi maintenant que c’est en combinant plusieurs techniques différentes qu’ils obtiennent de meilleurs résultats.

De plus, pour mieux évaluer les répercussions du programme sur la rentabilité des entreprises, un suivi économique plus poussé a été effectué auprès des entreprises membres à la fois des clubs-conseils et des syndicats de gestion, ces entreprises ayant des méthodes comptables comparables. L’étude a démontré que les groupes comparés sont relativement semblables. Après deux ans d’activités, on n’a pas constaté de différences particulières du point de vue de la rentabilité. L’étude, qui sera terminée en 1997, permettra de valider l’hypothèse que, même si les entreprises ont implanté des mesures protégeant l’environnement, leur rentabilité n’a pas été affectée.

Il existe toujours dans le domaine agricole, du fait du rythme des saisons, des délais entre l’implantation d’une mesure et la constatation d’une amélioration. Les clubs-conseils semblent tout de même avoir déjà réussi à prouver à leurs membres qu’il est possible de produire autant tout en minimisant les risques environnementaux.

Pour le volet Assainissement agricole de Saint-Laurent Vision 2000, l’expérience des clubs-conseils en agriculture durable représente une avenue intéressante qui a sa place dans la gamme de solutions à mettre en œuvre pour contrer la pollution diffuse d’origine agricole qui cause des dégradations de la qualité du fleuve Saint-Laurent.

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