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Une expérience dagriculture plus
durable
Lexpérience
des clubs-conseils en agriculture durable, qui a commencé en
1993, se terminera bientôt. Quels résultats ont été obtenus
jusquà présent ?
Le programme des clubs-conseils en agriculture durable,
lancé en vertu de lEntente Canada-Québec pour un environnement
durable en agriculture, a consisté en la mise en place de 12
regroupements volontaires de fermes faisant face à des problèmes
environnementaux similaires. Ces groupes sont répartis dans
toutes les régions du Québec, sauf en Abitibi-Témiscamingue
et en Outaouais-Laurentides. Chacun des clubs-conseils réunit
entre 20 et 30 entreprises agricoles. Les quelque 290 exploitations
touchées par le programme avaient en moyenne une superficie
de 30 000 hectares; leurs principales activités étaient la production
laitière, la production porcine, les céréales et, à un degré
moindre, le tabac et la pomme de terre.
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Champs d'avoine et d'orge sans
traitement d'herbicide, à l'exception de quelques parties
localisées.
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Poursuivant
des objectifs damélioration de la qualité de leau,
de diminution de la pollution diffuse et dune meilleure
conservation des ressources, les clubs-conseils visent à appuyer
le travail des exploitants agricoles qui veulent modifier leurs
pratiques culturales pour les rendre plus «durables». Lancé
en août 1993 et doté dun budget de 2,2 millions de
dollars sur quatre ans, le programme se terminera le 31 mars 1997.
Une stratégie
dintervention pour chaque ferme
«Lobjectif
des clubs-conseils est daider les producteurs et productrices
agricoles à établir leur propre stratégie pour solutionner leurs
problèmes environnementaux», mentionne Pierre Beaudet, responsable
du programme et agronome à la Direction de lenvironnement
et du développement durable au ministère de lAgriculture,
des Pêcheries et de lAlimentation du Québec (MAPAQ). Les
problèmes rencontrés sont causés surtout par la pollution diffuse
il y a peu de pertes par hectare mais les exploitations
sont de grande superficie.La détermination des actions à entreprendre
est par conséquent complexe et nécessite une bonne connaissance
du système de production: gestion des fertilisants (engrais
de ferme ou engrais minéraux), gestion de la matière organique,
gestion des sols, etc. La mise à jour des plans de ferme ainsi
que la tenue de registre des champs ont donc été encouragées.
Le plan de ferme associé au registre des champs permet davoir
une vue densemble de la ferme et de mieux suivre les différentes
parcelles. En notant les quantités et la nature des engrais
épandus, le niveau de fertilité des sols, les mauvaises herbes
présentes, etc., les producteurs agricoles peuvent mieux planifier
leurs activités. Ladoption de plans de culture, de plans
de fertilisation, etc., complète cette collecte dinformation.
Celle-ci peut paraître contraignante de prime abord, mais linformation
recueillie permet de comparer les résultats dune année
à lautre et de mieux cerner la problématique. Certaines
entreprises se sont même procuré un registre de champs informatisé
pour mieux suivre leurs opérations.
Ne pas
nuire à la rentabilité de la ferme
«Bien que lobjectif
du programme soit daméliorer la situation environnementale
des entreprises agricoles, ajoute Pierre Beaudet, on doit tenir
compte de limpact économique des pratiques quon
introduit. Si les modifications hypothèquent la rentabilité
de la ferme à court ou à moyen terme, il faut réévaluer la stratégie.»
Les changements de mentalité que lon constate aujourdhui
découlent de cette approche réaliste. Une enquête menée lété
dernier a dailleurs permis de constater des améliorations
notables dans lépandage dengrais de ferme, la rotation
des cultures, la protection des sols et lusage des herbicides.
La plupart des agriculteurs savent aussi maintenant que cest
en combinant plusieurs techniques différentes quils obtiennent
de meilleurs résultats.
De plus, pour mieux évaluer les répercussions du programme sur
la rentabilité des entreprises, un suivi économique plus poussé
a été effectué auprès des entreprises membres à la fois des
clubs-conseils et des syndicats de gestion, ces entreprises
ayant des méthodes comptables comparables. Létude a démontré
que les groupes comparés sont relativement semblables. Après
deux ans dactivités, on na pas constaté de différences
particulières du point de vue de la rentabilité. Létude,
qui sera terminée en 1997, permettra de valider lhypothèse
que, même si les entreprises ont implanté des mesures protégeant
lenvironnement, leur rentabilité na pas été affectée.
Il existe toujours dans le domaine agricole, du fait du rythme
des saisons, des délais entre limplantation dune
mesure et la constatation dune amélioration. Les clubs-conseils
semblent tout de même avoir déjà réussi à prouver à leurs membres
quil est possible de produire autant tout en minimisant
les risques environnementaux.
Pour le volet Assainissement agricole de Saint-Laurent Vision
2000, lexpérience des clubs-conseils en agriculture durable
représente une avenue intéressante qui a sa place dans la gamme
de solutions à mettre en uvre pour contrer la pollution
diffuse dorigine agricole qui cause des dégradations de
la qualité du fleuve Saint-Laurent.
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