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Objectif : 7 000 hectares
Parmi les divers objectifs du volet Biodiversité
de SLV 2000, celui de protéger 7 000 hectares dhabitats
représentatifs du Saint-Laurent au cours de la période 1994-1998
constitue la poursuite du travail de conservation entamé au
cours du Plan daction Saint-Laurent (PASL). En effet,
de 1988 à 1993, plus de 5 000 hectares dhabitats menacés
ou prioritaires répartis sur 19 sites le long du fleuve, ainsi
que sur de nombreuses îles entre Montréal et Sorel, ont fait
lobjet de mesures de conservation. Les gestion-naires
de SLV 2000 ont donc voulu accélérer la protection des habitats
en ajoutant 7 000 hectares de plus à conserver au cours
du deuxième programme quinquennal.
« Lobjectif
de 7 000 hectares est en bonne voie de réalisation, mentionne
Renée Langevin, biologiste au sein du Service canadien de la
faune dEnvironnement Canada et responsable de la compilation
des progrès réalisés à lintérieur de bilans annuels. Davril
1994 à mars 1996, 5 416 hectares répartis sur 25 sites avaient
déjà été protégés ; en mars 1997, on pouvait compter 565
hectares supplémentaires protégés et le nombre de sites sélevait
à 29. Enfin, au cours du dernier exercice 1997-1998, environ
1 100 hectares devraient sajouter à ce bilan. Nous espérons
donc dépasser notre objectif à la fin de SLV 2000. »
La planification, lacceptation des projets
et le suivi de la conservation des habitats sont effectués par
un comité technique réunissant des experts des milieux fédéral
et provincial. Au cours des trois premières années de SLV 2000,
environ 4 M$ sur des dépenses de 16 M $ ont été consacrés
à la conservation des habitats, soit à peu près le quart du
budget du volet Biodiversité, un pourcentage qui témoigne de
limportance de la conservation des habitats. Les milieux
à protéger sont choisis à partir dune liste de projets
prioritaires en vue de protéger certains habitats menacés ou
de consolider des milieux déjà protégés dune certaine
façon. « Lorsquon parle dhabitats, cela inclut
à la fois la faune et la flore, précise Normand Traversy, coordonnateur
des ententes sur la faune au MEFQ et coprésident du comité technique.
Certains projets bénéficient dun financement provenant
dune seule source, fédérale ou provinciale, et dautres
sont réalisés avec laide de programmes, comme ceux du
Fonds de restauration de lhabitat du poisson (FRHAP) ou
le Plan conjoint des habitats de lest (PCHE). Dans tous
les cas, le comité technique effectue lharmonisation des
efforts à létape de la planification des projets, décide
de leur acceptation et fait le suivi de la réalisation. Dans
lesprit de SLV 2000, il est bien entendu que les projets,
même si leur financement ne dépend pas uniquement du volet Biodiversité,
doivent sinscrire dans une plus large perspective axée
sur la protection de la biodiversité du fleuve. »

Plusieurs programmes contribuent à la conservation des
habitats
Compte
tenu des besoins exprimés par le public et des milieux à protéger
identifiés par les experts, les projets peuvent bénéficier de
financement provenant à la fois de SLV 2000 et des programmes
instaurés par le FRHAP et le PCHE. Bien que leurs finalités
soient différentes, ces deux autres programmes visent à protéger
des milieux de vie riches et productifs.
Le Fonds de restauration de lhabitat du poisson (FRHAP)
a été constitué à la suite de limposition en mai 1993
dune amende de 4 M$ à la compagnie Tioxide Canada inc.
pour la pollution causée par son usine de Tracy. Du 4 M$, un
montant de 3 M$ a été imposé pour les dommages causés au poisson
et à son habitat. Le territoire couvert par le FRHAP sétend
de Beauharnois, jusquà lest du lac Saint-Pierre.
À cause des nombreuses pertes et dégradations subies dans cette
portion du fleuve, le Fonds a décidé de privilégier la conservation
des habitats humides et inondables. Son action se terminera
toutefois en 1998.
Le Plan conjoint des habitats de lest (PCHE), dune
durée de 15 ans, lancé en novembre 1989, sinscrit dans
le plan plus général intitulé le Plan nord-américain de gestion
de la sauvagine. Sa raison dêtre est la conservation et
laugmentation de la superficie et de la qualité des terres
humides, indispensables pour la protection de la sauvagine.
Réunissant des partenaires permanents le ministère de
lEnvironnement et de la Faune du Québec, le Service canadien
de la faune, Canards Illimités, la Fondation de la faune du
Québec et Habitat faunique Canada ainsi que des partenaires
occasionnels (entreprises, ONG, etc.), le PCHE est actif sur
une vingtaine de sites au Québec, dont près de la moitié dans
la région du lac Saint-Pierre.
Les orientations des dernières années
« Le
processus visant à protéger un habitat donné est sensiblement
toujours le même, précise Renée Langevin. Nous commençons dabord
par rassembler le plus de connaissances nécessaires à lévaluation
de la qualité de lhabitat. Lorsque la décision de protéger
un milieu est prise, plusieurs actions peuvent être enclenchées
selon la tenure des terres propriété privée ou propriété
gouvernementale et le degré de protection à y accorder. »
Les réserves écologiques, comme celle du Grand-Lac-Salé à lîle
dAnticosti, sont pratiquement intouchables et inaccessibles,
sauf pour des besoins de recherches et dobservation ;
elles sont administrées par le MEFQ. Les réserves nationales
de faune, qui relèvent du fédéral, sont aussi des territoires
protégés, mais des activités (randonnée, agriculture, observation,
chasse) peuvent y être permises. Un bon exemple est la réserve
du Cap-Tourmente, où le Service canadien de la faune gère un
programme de chasse contrôlée. Donc, protection ne veut pas
nécessairement dire mise sous verre et exclusion du public.
Comme le précise Yvon Mercier, biologiste à la protection des
habitats au Service canadien de la faune et coprésident fédéral
du comité technique, les 5 000 hectares protégés sous le
PASL étaient situés surtout dans le tronçon fluvial et dans
lestuaire. Le comité a donc accentué les efforts, avec
SLV 2000, vers les milieux dans le golfe du Saint-Laurent :
on y trouve 67 % de la superficie des espaces protégés
au cours des deux premières années. La grande majorité des habitats
protégés sont des milieux humides et, en ce qui a trait à la
superficie, ils sont situés à 81 % en milieu insulaire,
en raison principalement de la création sur lîle dAnticosti
de la réserve écologique du Grand-Lac-Salé, qui fait à elle
seule 2 339 hectares.
Trois
sites, trois milieux différents
Le
ruisseau Saint-Jean
Situé sur la rive sud du lac Saint-Louis, dans
la banlieue sud de Montréal, ce territoire de 200 hectares sétend
de part et dautre du ruisseau Saint-Jean dans les municipalités
de Châteauguay et de Léry. Lendroit est considéré comme
la plus importante frayère en plaine inondable du lac Saint-Louis
et comme une halte dimportance pour la sauvagine sur le
Saint-Laurent. Environ 30 espèces de poissons utilisent les
frayères : Grand Brochet, Achigan à grande bouche, Barbotte
brune, Perchaude, Perchaude vermiculée
Cest aussi
une aire dalevinage importante.
Soumis à des pressions résidentielles très fortes, le territoire
est protégé et restauré par étapes depuis 1994, en partie par
acquisition, notamment par la Fondation de la faune du Québec,
et grâce à la collaboration des municipalités locales (Châteauguay,
Maple Grove et Léry) et à des ententes avec certains propriétaires
fonciers locaux. Dautres acquisitions sont prévues afin
de compléter la protection de cet écosystème important.
Lîle de Grâce
Majoritairement de tenure privée, lîle de
Grâce (1 110 hectares) fait partie de larchipel de Berthier-Sorel.
Elle comprend plusieurs types de milieux très intéressants pour
lavifaune : marais, boisés inondés, prairies humides
et secteurs agricoles. Elle possède également lune des
trois plus importantes érablières à érable argenté de larchipel,
qui occupe 36 % de lîle.
Bien que les informations dont nous disposons
sur lutilisation de lîle par la sauvagine ne soient
pas récentes (1981), on peut toutefois dire que cest lune
des îles de larchipel les plus fréquentées au moment de
la migration et quelle constitue une aire délevage
importante, en particulier pour les canards. En raison de la
diversité de ses habitats, lîle de Grâce possède un fort
potentiel en tant que site abritant plusieurs espèces fauniques
et floristiques ; 167 hectares avaient déjà été protégés
à la fin de lexercice 1995-1996.
Le Grand-Lac-Salé
Située sur la rive sud au centre de lîle
dAnticosti, la réserve écologique du Grand-Lac-Salé occupe
un territoire de 2 339 hectares. Son intérêt réside dans
le fait quelle abrite la plus grande lagune et le plus
grand marais salé de la région Minganie-Anticosti. Cette région
peut être divisée en deux parties : 1) la côte, formée
de galets, de sable et de gravier, est la partie émergée en
permanence ; 2) le littoral possède certaines portions
inondées à chaque marée et dautres qui ne le sont que
lors des grandes marées déquinoxe.
Sa flore très diversifiée et ses écosystèmes variés aquatique,
semi-terrestre et terrestre présentent beaucoup dintérêt.
La réserve est aussi très fréquentée par le Cerf de Virginie ;
la densité est de 15 individus au km2.
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| Lîle de Grâce abrite plusieurs
espèces fauniques et floristiques à protéger. Photo : Léo-Guy
de Repentigny. |
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