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Continuité et innovation
Double
défi pour le secteur dintervention Biodiversité :
les gestionnaires et les chercheurs doivent poursuivre et accélérer
les efforts de protection des espèces et de conservation des
habitats engagés lors des deux premières phases, tout en poussant
plus loin la réflexion dans les domaines de la gestion des niveaux
deau et du suivi de lécosystème.
Depuis
dix ans, les résultats obtenus dans le cadre de la protection
des espèces et de la conservation des habitats sont encourageants:
12 000 hectares dhabitats fauniques et floristiques
ont été protégés. On en sait maintenant beaucoup plus sur la
biodiversité qui caractérise les écosystèmes du Saint-Laurent,
et plusieurs espèces en difficulté font lobjet de plans
de rétablissement, pour ne citer que quelques exemples. Les
activités prévues au cours de la phase III sinscrivent
dans la continuité des années précédentes.
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| Photo
: Francis Bélanger |
« La biodiversité
intègre plusieurs dimensions des écosystèmes », souligne Luc
Berthiaume, du ministère de lEnvironnement et de la Faune
du Québec et coprésident du comité dintégration Biodiversité.
« Elle renvoie immédiatement au concept de développement durable
qui se trouve au coeur du Plan daction Saint-Laurent.
Cest sans doute pourquoi les gens sont si sensibles aux
objectifs et aux résultats que lon espère atteindre dans
le cadre de lentente. »

Les espèces et les habitats
« Nous avons une liste préliminaire despèces fauniques
et floristiques désignées ou vulnérables; elle constitue notre
point de départ pour la planification des interventions qui
auront lieu au cours des cinq prochaines années », explique
Isabelle Ringuet, gestionnaire régionale à la Direction de la
conservation de lenvironnement dEnvironnement Canada
et coprésidente du comité. Selon Luc Berthiaume, on vise la
sauvegarde de 35 espèces (faune et flore) en difficulté, mais
ce chiffre pourrait être dépassé, selon les résultats obtenus
en cours de route.
Le contrôle des espèces exotiques envahissantes vise essentiellement
la moule zébrée, maintenant répandue dans toutes les eaux douces
du bassin Saint-Laurent/Grands Lacs, et, dans une moindre mesure,
la salicaire pourpre, qui colonise maintenant 20% des zones
humides du Saint-Laurent. La concertation au sujet de limpact
de la grande oie des neiges sur les milieux humides et les terres
agricoles se continuera également.
Lobjectif de protéger 120 000 hectares de milieux naturels
sera atteint surtout par le biais de la modification des statuts
des territoires désignés pour la conservation. « On souhaite
créer trois réserves écologiques, sept refuges fauniques et
trois parcs provinciaux au cours de la phase III, explique Luc
Berthiaume. Nous compléterons aussi la révision des plans directeurs
dun parc national et du parc marin Saguenay-Saint-Laurent.
»
Laménagement de structures et de sites à potentiel écologique
devrait se faire avec le concours des collectivités riveraines.
« Le défi consiste à établir des liens avec les communautés
afin de les sensibiliser et de leur faciliter la prise en charge
des aménagements que souhaitent les gens dans leur milieu »,
ajoute M. Berthiaume.

La problématique des niveaux deau
Élément nouveau de la phase III, létude de limpact
des variations des niveaux deau représente un défi pour
les chercheurs. Piloté par la Direction de lenvironnement
atmosphérique et le Centre Saint-Laurent dEnvironnement
Canada, le projet consistera à concevoir un modèle de prévision
des impacts des variations des niveaux deau sur les écosystèmes
du Saint-Laurent. « Cette initiative découle à la fois des préoccupations
du public et du désir de la Commission mixte internationale
de réviser les normes de régularisation des niveaux deau
», mentionne Isabelle Ringuet. À partir de critères qui devront
faire consensus, les chercheurs pourraient élaborer un modèle
qui permette de choisir les interventions les plus appropriées
en fonction des contraintes environnementales et économiques.

Le suivi de lécosystème
Enfin, la question du suivi de lécosystème présente, elle
aussi, son lot de difficultés. Bien que beaucoup de travail
ait été accompli à ce sujet au cours des deux phases précédentes,
il reste à concevoir un modèle qui intègre des écosystèmes aussi
différents que lestuaire maritime et le couloir fluvial.
Quelles bases choisir et quels indicateurs retenir pour être
en mesure de faire une lecture plus globale de lécosystème
du Saint-Laurent? Il sagit là dun travail non seulement
dintégration, mais aussi de simplification visant à éclairer
les gestionnaires sur la nature des gestes à poser dans lavenir.
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