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BULLETIN D'INFORMATION
SAINT-LAURENT VISION 2000

VOLUME 10 – NUMÉRO 6 – NOVEMBRE 1999
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SOMMAIRE

La navigation sous le signe de la concertation
Environnement et économie, au coeur des enjeux liés à la navigation Environnement et économie, au coeur des enjeux liés à la navigation
Chronique ZIP
Nouvelles en bref

Environnement et économie,
au cœur des enjeux liés à la navigation

Photo: bateau

Le Saint-Laurent possède des caractéristiques qui le rendent unique sur les plans de la biodiversité, de la géographie et de l'hydrologie. Importante voie navigable, il est également intimement lié au développement économique de notre société. L'interdépendance de l'environnement et de l'économie se dégage continuellement des travaux du Comité de concertation Navigation de Saint-Laurent Vision 2000, tel que l'illustre le présent survol de certains des enjeux liés à la navigation.

Au cours des phases précédentes du Plan d'action Saint-Laurent Vision 2000, des études environnementales concernant la caractérisation des sédiments contaminés, l'érosion des rives et plusieurs autres problématiques pouvant être liées à la navigation ont été menées, notamment dans le cadre des travaux du domaine d'intervention Biodiversité. Le défi que souhaite maintenant relever le Comité de concertation Navigation consiste à intégrer ces connaissances écologiques à une approche globale des différents enjeux, dans laquelle on prendra aussi en considération les dimensions sociales et économiques.

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Le dragage des sédiments, un dossier d'actualité

Photo: dragage des sédimentsAu nombre des problématiques qui font l'objet des travaux du Comité de concertation Navigation, le dragage des sédiments constitue probablement le dossier ayant le plus retenu l'attention du public au cours des derniers mois. En effet, les communautés riveraines et les groupes environnementaux ont manifesté leurs préoccupations quant aux conséquences de certains travaux planifiés par l'industrie, notamment dans le cadre de l'aménagement des aires portuaires et de l'approfondissement de la voie navigable.

Conformément à l'approche intégratrice qui caractérise ses travaux, le Comité a mandaté un groupe de travail pour qu'il trace un portrait global de cette activité, abordant à la fois les techniques de dragage, les moyens de disposer des sédiments, les aspects juridiques, etc. Selon les forces et les faiblesses identifiées dans ce portrait, les membres du Comité devront prochainement proposer des solutions, les analyser et, après consensus, privilégier des mesures concrètes. À la lumière des expériences menées récemment et vu la complexité des processus de consultation publique, des recommandations devraient également être formulées quant à la sensibilisation et à la participation des citoyens.

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Une contribution à la protection des zones sensibles du fleuve

Photo: bateauLe Comité de concertation Navigation met actuellement sur pied un groupe de travail qui se consacrera à l'étude d'un nouvel enjeu, soit l'érosion des berges provoquée par les vagues produites par le passage d'embarcations motorisées sur le Saint-Laurent. La vitesse des navires constitue certainement l'un des sujets qui devraient alimenter les réflexions des membres du Comité. En effet, la force du batillage généré par une embarcation motorisée dépend de plusieurs facteurs, notamment la vitesse de cette dernière, son tonnage, la forme de sa coque et la distance par rapport à la rive.

Déjà, la Garde côtière canadienne diffuse des avis à la navigation, à certaines périodes de l'année, afin de promouvoir, sur une base volontaire, le respect de limites de vitesse susceptibles de diminuer les conséquences du batillage. « Le Comité pourra considérer, dans son analyse, la possibilité de proposer une nouvelle approche visant à contrôler la vitesse des navires en favorisant un équilibre entre les conséquences environnementales de l'érosion et les répercussions économiques qu'une telle mesure pourrait entraîner pour l'industrie », explique M. Gervais Bouchard, de Pêches et Océans Canada, coprésident du Comité de concertation Navigation. « En outre, si cette mesure devait être proposée, elle devrait tenir compte de nombreux paramètres, tels que le type de navire, la vitesse de ce dernier, la période de l'année et certaines caractéristiques du Saint-Laurent, tout en étant jumelée à une procédure de suivi », précise M. Bouchard, démontrant ainsi le caractère complexe des travaux que mènera le Comité concernant cet enjeu. Le partage nécessaire de l'effort devant être respectivement fourni par la navigation commerciale et la navigation de plaisance contribue aussi à accroître cette complexité.

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Les gaz à effets de serre ne sont pas oubliés

Le Comité de concertation Navigation a également commandé une étude visant à comparer les incidences environnementales des différents modes de transport des marchandises en ce qui a trait, entre autres, aux émissions de gaz à effets de serre1.

Photo: bateauEn effet, bien que la navigation commerciale soit fréquemment perçue comme un mode de transport potentiellement dommageable pour l'environnement, des études permettent de croire qu'il s'agirait du mode de transport le moins polluant. « Le recours à des chaînes de transport dont le segment maritime est le plus long possible contribue probablement à un meilleur résultat par tonne de marchandises transportée, que ce soit sur le plan de la consommation d'énergie ou des émissions de gaz à effets de serre », explique M. Jérôme Faivre, du ministère des Transports du Québec, coprésident du Comité de concertation Navigation. « Cette recherche fait partie du bilan sur la navigation que dresse le Comité et s'inscrit parfaitement dans une approche écosystémique; on soupçonne en effet que les gaz à effets de serre auront, en raison du réchauffement climatique, une incidence significative sur les niveaux d'eau et donc sur la navigation. Le degré de recours au transport maritime dans le monde et sur le Saint-Laurent fait ainsi partie de l'approche globale. Les données obtenues apporteront un élément de plus aux décideurs, car elles permettront de mettre en perspective les conséquences des choix intermodaux, dans l'optique, entre autres, d'une contribution à la diminution des gaz à effets de serre. »

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De nouveaux venus dans les eaux de nos ports

Photo: port de MontréalPar ailleurs, le Comité de concertation Navigation se penchera également sur le fléau des espèces exotiques2 nuisibles qui, retenues prisonnières à l'intérieur des ballasts des navires, sont introduites dans de nouveaux écosystèmes, près des ports de débarquement ou d'embarquement des cargos.

L'introduction d'espèces exotiques entraîne des conséquences sur l'environnement, l'économie et la santé publique. La propagation de la moule zébrée, par exemple, serait attribuable aux rejets des eaux de ballast. Ce bivalve originaire de la mer Caspienne a entraîné, depuis quelques années, de graves répercussions économiques, car il obstrue les prises d'eau municipales et industrielles.

Conjointement avec Transports Canada, le Comité de concertation Navigation tiendra un atelier de travail, le 30 novembre prochain, afin de discuter de cet enjeu et de formuler des recommandations à l'intention du Comité permanent sur l'environnement du Conseil consultatif maritime canadien (CCMC).

__________________

1 Gaz à effets de serre : couche de gaz protectrice nécessaire au maintien d'une température moyenne indispensable à la vie sur terre. L'augmentation de ces gaz par l'activité humaine provoque l'augmentation de la température et amène le réchauffement de la planète. (retour)

2 Espèce exotique : espèce animale ou végétale introduite à l'extérieur de son aire de distribution naturelle. (retour)

Pour information :

Coprésidents du Comité de concertation Navigation

Jérôme Faivre, Transports Québec
Téléphone : (418) 643-2618
Courriel : jfaivre@mtq.gouv.qc.ca

Gervais Bouchard, Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 648-3510
Courriel : bouchardg@dfo-mpo.gc.ca

Coordination, domaine d'intervention Navigation

Laurence Mazaudier, Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 648-2497
Courriel : mazaudierl@dfo-mpo.gc.ca

Source :

VILLENEUVE, S., et L. QUILLIAM, 1999. Les risques et les conséquences environnementales de la navigation sur le Saint-Laurent, Environnement Canada — Région du Québec, Conservation de l'environnement, Centre Saint-Laurent, rapport scientifique et technique ST-188, 174 p.

Pour en savoir plus :

BELLEMARE, A., 1999. « SLV 2000, la phase III en cours », Globe magazine, juillet-août 1999, p. 14-30.

GAUVIN, P. (sous la direction de), 1999. Du kayak au cargo, un fleuve pour tous, Lotbinière, Paulymédia, 250 p.

SAINT-LAURENT VISION 2000, 1998. « Le concept de navigation durable », Le Fleuve, volume 9, numéro 1, octobre 1998, p. 7.

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