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Environnement et économie,
au cur des enjeux liés à la navigation

Le Saint-Laurent possède
des caractéristiques qui le rendent unique sur les plans de
la biodiversité, de la géographie et de l'hydrologie. Importante
voie navigable, il est également intimement lié au développement
économique de notre société. L'interdépendance de l'environnement
et de l'économie se dégage continuellement des travaux du Comité
de concertation Navigation de Saint-Laurent Vision 2000, tel
que l'illustre le présent survol de certains des enjeux liés
à la navigation.
Au
cours des phases précédentes du Plan d'action Saint-Laurent
Vision 2000, des études environnementales concernant la caractérisation
des sédiments contaminés, l'érosion des rives et plusieurs autres
problématiques pouvant être liées à la navigation ont été menées,
notamment dans le cadre des travaux du domaine d'intervention
Biodiversité. Le défi que souhaite maintenant relever le Comité
de concertation Navigation consiste à intégrer ces connaissances
écologiques à une approche globale des différents enjeux, dans
laquelle on prendra aussi en considération les dimensions sociales
et économiques.

Le dragage des sédiments,
un dossier d'actualité
Au
nombre des problématiques qui font l'objet des travaux du Comité
de concertation Navigation, le dragage des sédiments constitue
probablement le dossier ayant le plus retenu l'attention du
public au cours des derniers mois. En effet, les communautés
riveraines et les groupes environnementaux ont manifesté leurs
préoccupations quant aux conséquences de certains travaux planifiés
par l'industrie, notamment dans le cadre de l'aménagement des
aires portuaires et de l'approfondissement de la voie navigable.
Conformément à l'approche
intégratrice qui caractérise ses travaux, le Comité a mandaté
un groupe de travail pour qu'il trace un portrait global de
cette activité, abordant à la fois les techniques de dragage,
les moyens de disposer des sédiments, les aspects juridiques,
etc. Selon les forces et les faiblesses identifiées dans ce
portrait, les membres du Comité devront prochainement proposer
des solutions, les analyser et, après consensus, privilégier
des mesures concrètes. À la lumière des expériences menées récemment
et vu la complexité des processus de consultation publique,
des recommandations devraient également être formulées quant
à la sensibilisation et à la participation des citoyens.

Une contribution à
la protection des zones sensibles du fleuve
Le
Comité de concertation Navigation met actuellement sur pied
un groupe de travail qui se consacrera à l'étude d'un nouvel
enjeu, soit l'érosion des berges provoquée par les vagues produites
par le passage d'embarcations motorisées sur le Saint-Laurent.
La vitesse des navires constitue certainement l'un des sujets
qui devraient alimenter les réflexions des membres du Comité.
En effet, la force du batillage généré par une embarcation motorisée
dépend de plusieurs facteurs, notamment la vitesse de cette
dernière, son tonnage, la forme de sa coque et la distance par
rapport à la rive.
Déjà, la Garde côtière
canadienne diffuse des avis à la navigation, à certaines périodes
de l'année, afin de promouvoir, sur une base volontaire, le
respect de limites de vitesse susceptibles de diminuer les conséquences
du batillage. « Le Comité pourra considérer, dans son analyse,
la possibilité de proposer une nouvelle approche visant à contrôler
la vitesse des navires en favorisant un équilibre entre les
conséquences environnementales de l'érosion et les répercussions
économiques qu'une telle mesure pourrait entraîner pour l'industrie »,
explique M. Gervais Bouchard, de Pêches et Océans Canada,
coprésident du Comité de concertation Navigation. « En
outre, si cette mesure devait être proposée, elle devrait tenir
compte de nombreux paramètres, tels que le type de navire, la
vitesse de ce dernier, la période de l'année et certaines caractéristiques
du Saint-Laurent, tout en étant jumelée à une procédure de suivi »,
précise M. Bouchard, démontrant ainsi le caractère complexe
des travaux que mènera le Comité concernant cet enjeu. Le partage
nécessaire de l'effort devant être respectivement fourni par
la navigation commerciale et la navigation de plaisance contribue
aussi à accroître cette complexité.

Les gaz à effets de
serre ne sont pas oubliés
Le Comité de concertation
Navigation a également commandé une étude visant à comparer
les incidences environnementales des différents modes de transport
des marchandises en ce qui a trait, entre autres, aux émissions
de gaz à effets de serre1.
En
effet, bien que la navigation commerciale soit fréquemment perçue
comme un mode de transport potentiellement dommageable pour
l'environnement, des études permettent de croire qu'il s'agirait
du mode de transport le moins polluant. « Le recours à
des chaînes de transport dont le segment maritime est le plus
long possible contribue probablement à un meilleur résultat
par tonne de marchandises transportée, que ce soit sur le plan
de la consommation d'énergie ou des émissions de gaz à effets
de serre », explique M. Jérôme Faivre, du ministère
des Transports du Québec, coprésident du Comité de concertation
Navigation. « Cette recherche fait partie du bilan sur
la navigation que dresse le Comité et s'inscrit parfaitement
dans une approche écosystémique; on soupçonne en effet que les
gaz à effets de serre auront, en raison du réchauffement climatique,
une incidence significative sur les niveaux d'eau et donc sur
la navigation. Le degré de recours au transport maritime dans
le monde et sur le Saint-Laurent fait ainsi partie de l'approche
globale. Les données obtenues apporteront un élément de plus
aux décideurs, car elles permettront de mettre en perspective
les conséquences des choix intermodaux, dans l'optique, entre
autres, d'une contribution à la diminution des gaz à effets
de serre. »

De nouveaux venus
dans les eaux de nos ports
Par
ailleurs, le Comité de concertation Navigation se penchera également
sur le fléau des espèces exotiques2
nuisibles qui, retenues prisonnières à l'intérieur des ballasts
des navires, sont introduites dans de nouveaux écosystèmes,
près des ports de débarquement ou d'embarquement des cargos.
L'introduction d'espèces
exotiques entraîne des conséquences sur l'environnement, l'économie
et la santé publique. La propagation de la moule zébrée, par
exemple, serait attribuable aux rejets des eaux de ballast.
Ce bivalve originaire de la mer Caspienne a entraîné, depuis
quelques années, de graves répercussions économiques, car il
obstrue les prises d'eau municipales et industrielles.
Conjointement avec
Transports Canada, le Comité de concertation Navigation tiendra
un atelier de travail, le 30 novembre prochain, afin de
discuter de cet enjeu et de formuler des recommandations à l'intention
du Comité permanent sur l'environnement du Conseil consultatif
maritime canadien (CCMC).
__________________
1
Gaz à effets de serre : couche de gaz protectrice
nécessaire au maintien d'une température moyenne indispensable
à la vie sur terre. L'augmentation de ces gaz par l'activité
humaine provoque l'augmentation de la température et amène le
réchauffement de la planète. (retour)
2
Espèce exotique : espèce animale ou végétale introduite
à l'extérieur de son aire de distribution naturelle. (retour)
Pour information :
Coprésidents du Comité
de concertation Navigation
Jérôme Faivre, Transports
Québec
Téléphone : (418) 643-2618
Courriel : jfaivre@mtq.gouv.qc.ca
Gervais Bouchard,
Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 648-3510
Courriel : bouchardg@dfo-mpo.gc.ca
Coordination, domaine
d'intervention Navigation
Laurence Mazaudier,
Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 648-2497
Courriel : mazaudierl@dfo-mpo.gc.ca
Source :
VILLENEUVE, S., et
L. QUILLIAM, 1999. Les risques et les conséquences environnementales
de la navigation sur le Saint-Laurent, Environnement Canada
Région du Québec, Conservation de l'environnement, Centre
Saint-Laurent, rapport scientifique et technique ST-188, 174 p.
Pour en savoir plus
:
BELLEMARE, A., 1999.
« SLV 2000, la phase III en cours », Globe magazine,
juillet-août 1999, p. 14-30.
GAUVIN, P. (sous la
direction de), 1999. Du kayak au cargo, un fleuve pour tous,
Lotbinière, Paulymédia, 250 p.
SAINT-LAURENT VISION
2000, 1998. « Le concept de navigation durable »,
Le Fleuve, volume 9, numéro 1, octobre 1998,
p. 7.
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