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Analyse
comparative des pressions environnementales
liées au transport de marchandises dans l'axe du Saint-Laurent
Le Comité
de concertation Navigation, qui regroupe des représentants
de l'industrie maritime, de groupes environnementaux et communautaires
ainsi que des gouvernements, a pour mission de mettre en uvre
une stratégie de navigation durable sur le Saint-Laurent.
Le Comité a entrepris de dresser un bilan de la navigation
commerciale et de plaisance, et ce, sous les aspects environnemental,
social et économique. C'est dans ce contexte qu'a été
menée, en partenariat avec la Société de développement
économique du Saint-Laurent, une étude comparative
visant à mettre en perspective, pour le transport de marchandises,
les pressions environnementales associées aux modes maritime,
ferroviaire et routier dans l'axe du Saint-Laurent.
Le
transport de marchandises, qu'il soit effectué par voie terrestre
ou maritime, exerce des pressions sur les milieux physique, biologique
et humain. Parmi les pressions environnementales communes à
tous les modes de transport prises en considération dans
l'étude, citons les émissions atmosphériques,
le bruit, les déchets produits à la suite de l'entretien
d'équipements de même que les risques liés aux
accidents et aux déversements.
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| Photo :
Pierre Marin, Environnement Canada |
D'autres pressions
environnementales, particulières à l'un ou à
l'autre des modes de transport, ont également été
évaluées à partir de travaux de recherche antérieurs.
Par exemple, le transport ferroviaire nécessite l'utilisation
de défoliants. Le transport routier, quant à lui,
est responsable de pressions consécutives à l'utilisation
de déglaçants sur les routes, au bris des infrastructures
routières ou à la congestion de la circulation. Quant
au transport maritime, il entraîne l'érosion des berges
par batillage, l'introduction d'espèces exotiques et la pollution
par rejet des eaux de lest, de même que la remise en suspension
de sédiments au moment des dragages d'entretien. L'objectif
de l'étude consistait à estimer les pressions environnementales
advenant une diminution ou une augmentation du trafic maritime sur
le Saint-Laurent.
Des scénarios
permettant une comparaison intermodale
Afin
de mener à bien l'analyse comparative, on a défini
dans un premier temps les pressions environnementales pour neuf
scénarios de transport de marchandises actuels dans l'axe
du Saint-Laurent. Dans un deuxième temps, on a élaboré
des scénarios de remplacement dans le but de comparer les
modes terrestres (ferroviaire ou routier) au mode maritime sur la
base des mêmes pressions environnementales. Les scénarios
de remplacement proposés étaient considérés
comme étant les plus réalistes advenant une interruption
du service existant; toutefois, en aucun cas, une interruption n'était
envisagée.
Par exemple,
le port de Montréal reçoit annuellement un million
de conteneurs, principalement en provenance ou à destination
de l'Europe. S'il y avait interruption de ce trafic, le scénario
de remplacement le plus probable consisterait à desservir
les clients nord-américains par train et par camion à
partir de navires faisant escale aux ports de New York et de Halifax.
Par ailleurs,
des produits pétroliers sont actuellement transportés,
par l'Ultratrain, entre Saint-Romuald et Montréal. Si ce
transport devait cesser, tout porte à croire que l'industrie
se tournerait vers le transport maritime, acheminant le pétrole
à bord de navires-citernes; cette éventualité
constitue donc le scénario de remplacement.
L'analyse comparative
a porté sur les pressions environnementales recensées
pour chaque scénario. Il est à noter que ces pressions
concernaient uniquement les activités directement liées
au transport des marchandises, à savoir le transport à
proprement parler, l'entretien des infrastructures requises de même
que l'entretien et le remplacement des équipements de transport.
Les itinéraires de remplacement faisant tous appel aux infrastructures
existantes, aucune pression découlant de la construction
de nouvelles infrastructures n'a été étudiée.
Le transport
maritime généralement plus performant
Les résultats
de l'étude indiquent que, pour les pressions communes à
tous les modes de transport, le domaine maritime s'avère
plus performant sur le plan environnemental. En effet, de façon
générale, on constate une augmentation significative
des pressions environnementales lorsqu'on remplace les scénarios
de transport maritime actuels par des scénarios de transport
principalement terrestres. À l'inverse, les pressions environnementales
diminuent de façon significative lorsqu'on remplace les scénarios
terrestres actuels par des scénarios maritimes.
De par leur
capacité de transport plus grande, les navires effectuent
moins de voyages que les véhicules de transport terrestre
pour des quantités de marchandises équivalentes. Il
en résulte des réductions plus ou moins importantes,
selon le cas, de la consommation de carburant, de l'émission
de gaz à effet de serre et des risques d'accident. Le mode
maritime est particulièrement efficace sur le plan environnemental
lorsque le transport s'effectue sur des distances supérieures
à 1 500 km.
Pour ce qui
est des pressions particulières à chacun des modes
de transport, leur nature diverse et l'importance relative de leurs
répercussions n'en permettent pas la comparaison. On ne peut
donc pas établir, à cet égard, quel est le
plus efficace sur le plan environnemental.
Dans l'étude,
on souligne également que la performance environnementale
n'est pas le principal facteur considéré au moment
du choix d'un mode de transport. Ces facteurs sont plutôt
le coût du transport, la durée du parcours, le respect
des délais de livraison et la fiabilité. Comment introduire
la composante environnementale dans les choix publics et privés
en matière de transport de marchandises? Cette question est
au cur des débats actuels sur le développement
durable.
Pour information :
Coprésidents
du Comité de concertation Navigation
Gervais Bouchard, Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 649-6568
Courriel : bouchardg@dfo-mpo.gc.ca
Jérôme Faivre, Transports Québec
Téléphone : (418) 643-2618
Courriel : jfaivre@mtq.gouv.qc.ca
Coordination, domaine d'intervention Navigation
Laurence Mazaudier, Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 648-2497
Courriel : mazaudierl@dfo-mpo.gc.ca
Source :
CONSORTIUM HAMELIN
-- CFoRT -- GESCO. 2000. Étude comparative des impacts
environnementaux des modes de transport de marchandises dans l'axe
du Saint-Laurent, rapport présenté au Comité
de concertation Navigation de Saint-Laurent Vision 2000 et à
la Sociét é de développement économique
du Saint-Laurent, Québec, 131 p. + annexes.
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