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BULLETIN D'INFORMATION
SAINT-LAURENT VISION 2000

VOLUME 11– NUMÉRO 10 – MARS 2001
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SOMMAIRE

 

Nouvelles publications et indicateurs de suivi pour la Stratégie phytosanitaire

Analyse comparative des pressions environnementales Analyse comparative des pressions environnementales
liées au transport de marchandises dans l'axe du Saint-Laurent
 

Chronique ZIP

 

Nouvelles en bref

 

Analyse comparative des pressions environnementales
liées au transport de marchandises dans l'axe du Saint-Laurent

Le Comité de concertation Navigation, qui regroupe des représentants de l'industrie maritime, de groupes environnementaux et communautaires ainsi que des gouvernements, a pour mission de mettre en œuvre une stratégie de navigation durable sur le Saint-Laurent. Le Comité a entrepris de dresser un bilan de la navigation commerciale et de plaisance, et ce, sous les aspects environnemental, social et économique. C'est dans ce contexte qu'a été menée, en partenariat avec la Société de développement économique du Saint-Laurent, une étude comparative visant à mettre en perspective, pour le transport de marchandises, les pressions environnementales associées aux modes maritime, ferroviaire et routier dans l'axe du Saint-Laurent.

Le transport de marchandises, qu'il soit effectué par voie terrestre ou maritime, exerce des pressions sur les milieux physique, biologique et humain. Parmi les pressions environnementales communes à tous les modes de transport prises en considération dans l'étude, citons les émissions atmosphériques, le bruit, les déchets produits à la suite de l'entretien d'équipements de même que les risques liés aux accidents et aux déversements.

Photo: bateau, fleuve Saint-Laurent
Photo : Pierre Marin, Environnement Canada

D'autres pressions environnementales, particulières à l'un ou à l'autre des modes de transport, ont également été évaluées à partir de travaux de recherche antérieurs. Par exemple, le transport ferroviaire nécessite l'utilisation de défoliants. Le transport routier, quant à lui, est responsable de pressions consécutives à l'utilisation de déglaçants sur les routes, au bris des infrastructures routières ou à la congestion de la circulation. Quant au transport maritime, il entraîne l'érosion des berges par batillage, l'introduction d'espèces exotiques et la pollution par rejet des eaux de lest, de même que la remise en suspension de sédiments au moment des dragages d'entretien. L'objectif de l'étude consistait à estimer les pressions environnementales advenant une diminution ou une augmentation du trafic maritime sur le Saint-Laurent.

Des scénarios permettant une comparaison intermodale

Photo: bateauAfin de mener à bien l'analyse comparative, on a défini dans un premier temps les pressions environnementales pour neuf scénarios de transport de marchandises actuels dans l'axe du Saint-Laurent. Dans un deuxième temps, on a élaboré des scénarios de remplacement dans le but de comparer les modes terrestres (ferroviaire ou routier) au mode maritime sur la base des mêmes pressions environnementales. Les scénarios de remplacement proposés étaient considérés comme étant les plus réalistes advenant une interruption du service existant; toutefois, en aucun cas, une interruption n'était envisagée.

Par exemple, le port de Montréal reçoit annuellement un million de conteneurs, principalement en provenance ou à destination de l'Europe. S'il y avait interruption de ce trafic, le scénario de remplacement le plus probable consisterait à desservir les clients nord-américains par train et par camion à partir de navires faisant escale aux ports de New York et de Halifax.

Par ailleurs, des produits pétroliers sont actuellement transportés, par l'Ultratrain, entre Saint-Romuald et Montréal. Si ce transport devait cesser, tout porte à croire que l'industrie se tournerait vers le transport maritime, acheminant le pétrole à bord de navires-citernes; cette éventualité constitue donc le scénario de remplacement.

L'analyse comparative a porté sur les pressions environnementales recensées pour chaque scénario. Il est à noter que ces pressions concernaient uniquement les activités directement liées au transport des marchandises, à savoir le transport à proprement parler, l'entretien des infrastructures requises de même que l'entretien et le remplacement des équipements de transport. Les itinéraires de remplacement faisant tous appel aux infrastructures existantes, aucune pression découlant de la construction de nouvelles infrastructures n'a été étudiée.

Le transport maritime généralement plus performant

Les résultats de l'étude indiquent que, pour les pressions communes à tous les modes de transport, le domaine maritime s'avère plus performant sur le plan environnemental. En effet, de façon générale, on constate une augmentation significative des pressions environnementales lorsqu'on remplace les scénarios de transport maritime actuels par des scénarios de transport principalement terrestres. À l'inverse, les pressions environnementales diminuent de façon significative lorsqu'on remplace les scénarios terrestres actuels par des scénarios maritimes.

De par leur capacité de transport plus grande, les navires effectuent moins de voyages que les véhicules de transport terrestre pour des quantités de marchandises équivalentes. Il en résulte des réductions plus ou moins importantes, selon le cas, de la consommation de carburant, de l'émission de gaz à effet de serre et des risques d'accident. Le mode maritime est particulièrement efficace sur le plan environnemental lorsque le transport s'effectue sur des distances supérieures à 1 500 km.

Pour ce qui est des pressions particulières à chacun des modes de transport, leur nature diverse et l'importance relative de leurs répercussions n'en permettent pas la comparaison. On ne peut donc pas établir, à cet égard, quel est le plus efficace sur le plan environnemental.

Dans l'étude, on souligne également que la performance environnementale n'est pas le principal facteur considéré au moment du choix d'un mode de transport. Ces facteurs sont plutôt le coût du transport, la durée du parcours, le respect des délais de livraison et la fiabilité. Comment introduire la composante environnementale dans les choix publics et privés en matière de transport de marchandises? Cette question est au cœur des débats actuels sur le développement durable.


Pour information :

Coprésidents du Comité de concertation Navigation
Gervais Bouchard, Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 649-6568
Courriel : bouchardg@dfo-mpo.gc.ca
Jérôme Faivre, Transports Québec
Téléphone : (418) 643-2618
Courriel : jfaivre@mtq.gouv.qc.ca


Coordination, domaine d'intervention Navigation
Laurence Mazaudier, Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 648-2497
Courriel : mazaudierl@dfo-mpo.gc.ca


Source :

CONSORTIUM HAMELIN -- CFoRT -- GESCO. 2000. Étude comparative des impacts environnementaux des modes de transport de marchandises dans l'axe du Saint-Laurent, rapport présenté au Comité de concertation Navigation de Saint-Laurent Vision 2000 et à la Sociét é de développement économique du Saint-Laurent, Québec, 131 p. + annexes.

 
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