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BULLETIN D'INFORMATION
SAINT-LAURENT VISION 2000

VOLUME 11 – NUMÉRO 3 – JUIN 2000
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SOMMAIRE

Des bactéries à la rescousse des herbiers contaminés par les hydrocarbures

Des bactéries à la rescousse des herbiers contaminés par les hydrocarbures

Le Programme agroenvironnemental de soutien à la Stratégie phytosanitaire
Chronique ZIP
Nouvelles en bref

Le Fleuve est publié par l’ensemble des partenaires de Saint-Laurent Vision 2000.

Coordination :
Raymonde Goupil, Clément Dugas et Suzanne Bourget

Rédaction :
Gaétane Tardif, consultante
en environnement

Révision :
Josée Brisson

Réalisation :
Françoise Lapointe, éditrice,
SLV 2000

Ce bulletin est  aussi disponible en format PDF.

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Des bactéries à la rescousse des herbiers contaminés par les hydrocarbures

Photo: équipe de travail

Photo : Pêches et Océans Canada —  M. Blouin

 

 

DIAPASON

Un projet expérimental prometteur : l’utilisation des micro-organismes présents de façon naturelle dans les sols pour restaurer les herbiers contaminés par les hydrocarbures.

Le Programme agroenvironnemental de soutien à la Stratégie phytosanitaire connaît déjà de bons résultats. Une soixantaine de projets, soumis par les producteurs agricoles, ont été acceptés et ont entraîné la production d’outils visant le développement, la formation et le transfert technologique.

Le Comité ZIP de la rive nord de l’estuaire met de l’avant un projet visant la protection et la mise en valeur des habitats littoraux de son territoire. Un Guide d’intervention en matière de protection et de mise en valeur des habitats littoraux d’intérêt sera bientôt publié.

Plusieurs ministères des gouvernements du Canada et du Québec ont mis sur pied, en partenariat avec le secteur privé, des équipes d'urgence capables de réagir adéquatement lorsque surviennent des déversements d'hydrocarbures dans le Saint-Laurent. Dans le but d'accroître l'efficacité des interventions visant la restauration des herbiers contaminés par le pétrole, Pêches et Océans Canada, l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis, le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (France) et Environnement Canada collaborent à la création d'un nouvel outil mettant à profit les bactéries du sol. Ce projet s'inscrit dans les activités du domaine d'intervention Navigation de Saint-Laurent Vision 2000, dont l'un des objectifs consiste à améliorer la gestion des risques et des dangers environnementaux dans le contexte d'une navigation soucieuse du développement durable.

Photo: déversement d'hydrocarbures
Photo : Pêches et Océans Canada —  D. Chamard

Chaque année, le Saint-Laurent est le théâtre d'environ 140 déversements accidentels d'hydrocarbures. Malgré les efforts des équipes d'urgence appelées à intervenir sur le lieu d'un déversement, il arrive parfois qu'une partie des hydrocarbures atteigne les côtes. Les spécialistes disposent alors d'un certain nombre de techniques d'intervention leur permettant de récupérer le pétrole. Par exemple, lorsque celui-ci se répand sur une plage de sable, il est possible de ramasser mécaniquement les sédiments, puis de les traiter pour en éliminer les contaminants. Si le déversement frappe plutôt une côte rocheuse, on peut alors gratter le pétrole et nettoyer les roches à l'aide de jets d'eau chaude à haute pression. Dans certains cas, ces interventions se révèlent aussi, voire plus dommageables pour l'environnement que le déversement de pétrole lui-même.

Photo: équipe de travail
Photo : Pêches et Océans Canada —  M. Blouin

Il arrive aussi que le pétrole atteigne l'un des nombreux herbiers aquatiques bordant le Saint-Laurent, habitats très productifs utilisés par plusieurs espèces fauniques comme aires de reproduction, d'alimentation ou de repos. Les techniques décrites précédemment ne sont pas adaptées aux caractéristiques des herbiers, et les équipes d'intervention ne peuvent ramasser que le pétrole qui flotte à la surface de l'eau ou encore intervenir d'une façon plus radicale en coupant les plantes contaminées ou en brûlant les hydrocarbures.

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Les bactéries du sol, des collaboratrices très appréciées

La solution la mieux adaptée à la restauration des herbiers contaminés par les hydrocarbures pourrait dépendre de micro-organismes présents de façon naturelle dans les sols. En effet, les sédiments qui supportent les herbiers aquatiques sont déjà habités par des bactéries capables de se nourrir du pétrole. Toutefois, dans les conditions naturelles, le développement de ces bactéries est fréquemment limité par des facteurs liés au milieu. Une carence en éléments nutritifs ou en oxygène, par exemple, peut compromettre la capacité naturelle des bactéries de dégrader les hydrocarbures et diminuer l'efficacité de ces micro-organismes.

Photo: équipe de travailLes techniques de biorestauration visent à fournir les conditions optimales aux bactéries, à la suite d'un déversement, afin que ces dernières soient en mesure de contribuer le plus efficacement possible à l'élimination des hydrocarbures répandus dans les herbiers. Les chercheurs travaillant à mettre au point ces techniques prometteuses doivent donc déterminer les facteurs limitant le développement optimal des bactéries, puis établir une méthode permettant aux équipes d'intervention d'accélérer le processus de restauration naturelle en favorisant le développement des bactéries.

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La biorestauration expérimentée en eau douce

Sachant que la biorestauration s'est déjà avérée efficace en milieu marin, les chercheurs de Pêches et Océans Canada et d'Environnement Canada ont lancé un projet afin d'expérimenter, en eau douce, cette technique de restauration des herbiers contaminés par les hydrocarbures. L'Agence de protection de l'environnement des États-Unis et le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (France) ont également participé à ce projet.

Photo aérienne d'un marais à scirpesUn marais à scirpes situé à l'extrémité est du village de Sainte-Croix-de-Lotbinière, sur la rive sud du Saint-Laurent, a été retenu pour cette expérimentation, qui a débuté en juin 1999. Les chercheurs ont alors procédé à un déversement de pétrole contrôlé, sur une surface restreinte de l'herbier représentant 0,05 p. 100 de la superficie totale de la zone intertidale de Sainte-Croix. C'est ainsi que 192 L de pétrole brut ont été déversés, à marée basse, à l'intérieur de 16 parcelles expérimentales bien délimitées. Une équipe d'urgence assistait les scientifiques et était prête à intervenir, advenant que le pétrole se répande hors des parcelles expérimentales aux premières marées hautes.




Photo: équipe de travail dans le marais à scirpes
Photo : Pêches et Océans Canada —  P. Dionne

À l'intérieur de certaines des parcelles expérimentales, on a régulièrement coupé les plantes aquatiques, afin de voir l'incidence de la présence des plantes sur la vitesse de dégradation du pétrole. Dans d'autres parcelles, on a épandu préalablement de l'engrais pour enrichir le milieu en azote et en phosphore. Ces « suppléments alimentaires » encouragent la multiplication des bactéries et accélèrent la dégradation du pétrole. Outre leur influence directe sur le développement des bactéries, les nutriments ont aussi pour effet de favoriser la croissance des plantes aquatiques. Celles-ci stimulent la croissance des bactéries en transportant dans le sol une quantité plus importante d'oxygène, en excrétant des composés organiques dans les sédiments et en fournissant aux micro-organismes un support sur lequel ils peuvent se multiplier.

haut

Des résultats préliminaires très prometteurs

Immédiatement après le déversement, les chercheurs ont commencé à récolter des échantillons de sédiments, à l'intérieur des parcelles expérimentales, dans le but de mesurer la teneur en hydrocarbures et de dénombrer les bactéries capables de dégrader le pétrole. D'autres analyses, effectuées dans des laboratoires canadiens et américains, visent à évaluer le niveau de toxicité résiduelle des sédiments. Cela donne une indication sur l'efficacité des bactéries dans la dégradation des nombreuses substances chimiques toxiques qui composent les hydrocarbures.

Photo: parcelle contaminée
Photo : Pêches et Océans Canada —  M. Blouin

Outre ces analyses, des tests ont été effectués sur des animaux mis en contact avec les sédiments contaminés, le but étant de déterminer si cette exposition nuisait au développement des organismes.

De nouveaux échantillons seront récoltés au printemps 2000, et plusieurs analyses devront encore être effectuées avant qu'on puisse connaître les conclusions finales de l'expérimentation. Quoique très préliminaires, les résultats semblent démontrer que le scirpe américain, plante aquatique la plus largement répandue à l'emplacement de l'expérimentation, tolère relativement bien les déversements de pétrole. On observe également que la croissance de cette plante, indice de restauration du milieu, est accélérée par le simple ajout de fertilisants semblables à ceux qui sont utilisés en milieu agricole.

Si l'expérimentation en cours à Sainte-Croix-de-Lotbinière s'avère concluante, la technique mise au point pourra être utilisée en cas de déversements dans les herbiers d'eau douce du Saint-Laurent, entre Cornwall et l'île d'Orléans. Les équipes d'urgence disposeront donc d'un nouvel outil capable de les aider à restaurer ces habitats vulnérables et productifs.

Pour information :

Kenneth Lee, chef de section
Microbiologie et hydrocarbures
Institut Maurice-Lamontagne
Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 775-0593
Courriel : LeeK@dfo-mpo.gc.ca

Gilles-H. Tremblay, océanographe chimiste
Microbiologie et hydrocarbures
Institut Maurice-Lamontagne
Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 775-0593
Courriel : TremblayGH@dfo-mpo.gc.ca

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Nouvelles en bref
Cette chronique vise à diffuser de brèves nouvelles d'actualités concernant des projets ou des activités qui se déroulent dans le cadre de la mise en oeuvre de Saint-Laurent Vision 2000.
puce

La Biosphère d’Environnement Canada, qui fête ses cinq ans d’existence en ce mois de juin 2000, a lancé le 5 juin dernier sa programmation estivale avec une toute nouvelle exposition sur le thème des changements climatiques, « Attention Climat », qui se poursuivra jusqu’au 1er avril 2001.

Cette exposition propose plusieurs éléments permettant de mieux comprendre les modifications de notre climat et en saisir les impacts dans notre vie de tous les jours, particulièrement sur la qualité et la disponibilité de l’eau dans l’écosystème Saint-Laurent—Grands Lacs. À ne pas manquer!

Pour plus d’information, visitez le site http://biosphere.ec.gc.ca

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Photo: couverture livreLa populaire collection Aux limites de la mémoire des Publications du Québec annonce la publication de son sixième titre, Naviguer sur le fleuve au temps passé, 1860-1960, d’Alain Frank, ethnologue spécialisé en histoire maritime.

L’auteur raconte, par l’image et par le texte, la relation de l’homme avec l’eau et les activités des gens du fleuve, à travers des thèmes comme la construction navale, le cabotage, les naufrages, le transport des passagers, les phares, les quais et bien d’autres encore. Le livre présente quelque 196 photographies noir et blanc tirées de divers fonds d’archives d’un peu partout au Québec.

Ce livre est en vente depuis le 3 juin, dans toutes les bonnes libraires, au prix de 29,95 $. Bonne lecture! 

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