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Le
Fleuve est publié par lensemble des partenaires de
Saint-Laurent Vision 2000.
Coordination :
Raymonde Goupil, Clément Dugas et Suzanne Bourget
Rédaction :
Gaétane Tardif, consultante
en environnement
Révision :
Josée Brisson
Réalisation :
Françoise Lapointe,
éditrice,
SLV 2000
Ce bulletin est
aussi disponible en format
PDF.
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Des bactéries à la rescousse des herbiers
contaminés par les hydrocarbures
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| Photo
: Pêches et Océans Canada M. Blouin |
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DIAPASON
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Un projet
expérimental prometteur : lutilisation
des micro-organismes présents de façon naturelle
dans les sols pour restaurer les herbiers contaminés
par les hydrocarbures.
Le Programme
agroenvironnemental de soutien à la Stratégie
phytosanitaire connaît déjà de bons résultats.
Une soixantaine de projets, soumis par les producteurs
agricoles, ont été acceptés et ont entraîné la
production doutils visant le développement,
la formation et le transfert technologique.
Le Comité ZIP de
la rive nord de lestuaire met de lavant
un projet visant la protection et la mise en valeur
des habitats littoraux de son territoire. Un Guide
dintervention en matière de protection et
de mise en valeur des habitats littoraux dintérêt
sera bientôt publié.
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Plusieurs
ministères des gouvernements du Canada et du Québec ont mis
sur pied, en partenariat avec le secteur privé, des équipes
d'urgence capables de réagir adéquatement lorsque surviennent
des déversements d'hydrocarbures dans le Saint-Laurent. Dans
le but d'accroître l'efficacité des interventions visant la
restauration des herbiers contaminés par le pétrole, Pêches
et Océans Canada, l'Agence de protection de l'environnement
des États-Unis, le Centre de documentation, de recherche et
d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux
(France) et Environnement Canada collaborent à la création d'un
nouvel outil mettant à profit les bactéries du sol. Ce projet
s'inscrit dans les activités du domaine d'intervention Navigation
de Saint-Laurent Vision 2000, dont l'un des objectifs consiste
à améliorer la gestion des risques et des dangers environnementaux
dans le contexte d'une navigation soucieuse du développement
durable.
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| Photo : Pêches et Océans
Canada D. Chamard |
Chaque
année, le Saint-Laurent est le théâtre d'environ 140 déversements
accidentels d'hydrocarbures. Malgré les efforts des équipes
d'urgence appelées à intervenir sur le lieu d'un déversement,
il arrive parfois qu'une partie des hydrocarbures atteigne les
côtes. Les spécialistes disposent alors d'un certain nombre
de techniques d'intervention leur permettant de récupérer le
pétrole. Par exemple, lorsque celui-ci se répand sur une plage
de sable, il est possible de ramasser mécaniquement les sédiments,
puis de les traiter pour en éliminer les contaminants. Si le
déversement frappe plutôt une côte rocheuse, on peut alors gratter
le pétrole et nettoyer les roches à l'aide de jets d'eau chaude
à haute pression. Dans certains cas, ces interventions se révèlent
aussi, voire plus dommageables pour l'environnement que le déversement
de pétrole lui-même.
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| Photo
: Pêches et Océans Canada M. Blouin |
Il arrive aussi que
le pétrole atteigne l'un des nombreux herbiers aquatiques bordant
le Saint-Laurent, habitats très productifs utilisés par plusieurs
espèces fauniques comme aires de reproduction, d'alimentation
ou de repos. Les techniques décrites précédemment ne sont pas
adaptées aux caractéristiques des herbiers, et les équipes d'intervention
ne peuvent ramasser que le pétrole qui flotte à la surface de
l'eau ou encore intervenir d'une façon plus radicale en coupant
les plantes contaminées ou en brûlant les hydrocarbures.

Les bactéries du
sol, des collaboratrices très appréciées
La solution la mieux
adaptée à la restauration des herbiers contaminés par les hydrocarbures
pourrait dépendre de micro-organismes présents de façon naturelle
dans les sols. En effet, les sédiments qui supportent les herbiers
aquatiques sont déjà habités par des bactéries capables de se
nourrir du pétrole. Toutefois, dans les conditions naturelles,
le développement de ces bactéries est fréquemment limité par
des facteurs liés au milieu. Une carence en éléments nutritifs
ou en oxygène, par exemple, peut compromettre la capacité naturelle
des bactéries de dégrader les hydrocarbures et diminuer l'efficacité
de ces micro-organismes.
Les
techniques de biorestauration visent à fournir les conditions
optimales aux bactéries, à la suite d'un déversement, afin que
ces dernières soient en mesure de contribuer le plus efficacement
possible à l'élimination des hydrocarbures répandus dans les
herbiers. Les chercheurs travaillant à mettre au point ces techniques
prometteuses doivent donc déterminer les facteurs limitant le
développement optimal des bactéries, puis établir une méthode
permettant aux équipes d'intervention d'accélérer le processus
de restauration naturelle en favorisant le développement des
bactéries.

La biorestauration
expérimentée en eau douce
Sachant que la biorestauration
s'est déjà avérée efficace en milieu marin, les chercheurs de
Pêches et Océans Canada et d'Environnement Canada ont lancé
un projet afin d'expérimenter, en eau douce, cette technique
de restauration des herbiers contaminés par les hydrocarbures.
L'Agence de protection de l'environnement des États-Unis et
le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations
sur les pollutions accidentelles des eaux (France) ont également
participé à ce projet.
Un
marais à scirpes situé à l'extrémité est du village de Sainte-Croix-de-Lotbinière,
sur la rive sud du Saint-Laurent, a été retenu pour cette expérimentation,
qui a débuté en juin 1999. Les chercheurs ont alors procédé
à un déversement de pétrole contrôlé, sur une surface restreinte
de l'herbier représentant 0,05 p. 100 de la superficie
totale de la zone intertidale de Sainte-Croix. C'est ainsi que
192 L de pétrole brut ont été déversés, à marée basse,
à l'intérieur de 16 parcelles expérimentales bien délimitées.
Une équipe d'urgence assistait les scientifiques et était prête
à intervenir, advenant que le pétrole se répande hors des parcelles
expérimentales aux premières marées hautes.
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| Photo : Pêches et Océans
Canada P. Dionne |
À l'intérieur de
certaines des parcelles expérimentales, on a régulièrement coupé
les plantes aquatiques, afin de voir l'incidence de la présence
des plantes sur la vitesse de dégradation du pétrole. Dans d'autres
parcelles, on a épandu préalablement de l'engrais pour enrichir
le milieu en azote et en phosphore. Ces « suppléments alimentaires »
encouragent la multiplication des bactéries et accélèrent la
dégradation du pétrole. Outre leur influence directe sur le
développement des bactéries, les nutriments ont aussi pour effet
de favoriser la croissance des plantes aquatiques. Celles-ci
stimulent la croissance des bactéries en transportant dans le
sol une quantité plus importante d'oxygène, en excrétant des
composés organiques dans les sédiments et en fournissant aux
micro-organismes un support sur lequel ils peuvent se multiplier.

Des résultats préliminaires
très prometteurs
Immédiatement après
le déversement, les chercheurs ont commencé à récolter des échantillons
de sédiments, à l'intérieur des parcelles expérimentales, dans
le but de mesurer la teneur en hydrocarbures et de dénombrer
les bactéries capables de dégrader le pétrole. D'autres analyses,
effectuées dans des laboratoires canadiens et américains, visent
à évaluer le niveau de toxicité résiduelle des sédiments. Cela
donne une indication sur l'efficacité des bactéries dans la
dégradation des nombreuses substances chimiques toxiques qui
composent les hydrocarbures.
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| Photo : Pêches et Océans
Canada M. Blouin |
Outre ces analyses,
des tests ont été effectués sur des animaux mis en contact avec
les sédiments contaminés, le but étant de déterminer si cette
exposition nuisait au développement des organismes.
De nouveaux échantillons
seront récoltés au printemps 2000, et plusieurs analyses devront
encore être effectuées avant qu'on puisse connaître les conclusions
finales de l'expérimentation. Quoique très préliminaires, les
résultats semblent démontrer que le scirpe américain, plante
aquatique la plus largement répandue à l'emplacement de l'expérimentation,
tolère relativement bien les déversements de pétrole. On observe
également que la croissance de cette plante, indice de restauration
du milieu, est accélérée par le simple ajout de fertilisants
semblables à ceux qui sont utilisés en milieu agricole.
Si l'expérimentation
en cours à Sainte-Croix-de-Lotbinière s'avère concluante, la
technique mise au point pourra être utilisée en cas de déversements
dans les herbiers d'eau douce du Saint-Laurent, entre Cornwall
et l'île d'Orléans. Les équipes d'urgence disposeront donc d'un
nouvel outil capable de les aider à restaurer ces habitats vulnérables
et productifs.
Pour information :
Kenneth Lee, chef
de section
Microbiologie et hydrocarbures
Institut Maurice-Lamontagne
Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 775-0593
Courriel : LeeK@dfo-mpo.gc.ca
Gilles-H. Tremblay,
océanographe chimiste
Microbiologie et hydrocarbures
Institut Maurice-Lamontagne
Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 775-0593
Courriel : TremblayGH@dfo-mpo.gc.ca
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