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BULLETIN D'INFORMATION
SAINT-LAURENT VISION 2000

VOLUME 11 – NUMÉRO 9 – FÉVRIER 2001
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SOMMAIRE

L'industrie maritime met en place une mesure concrète pour diminuer l'érosion des berges

L'industrie maritime met en place une mesure concrète pour diminuer l'érosion des berges

Pour une meilleure détection des micro-organismes pathogènes dans les mollusques bivalves de l'estuaire maritime du Saint-Laurent

La présence de chloroforme dans l'eau potable puisée dans le Saint-Laurent et ses conséquences sur la santé

Nouvelles en bref

Le Fleuve est publié par l’ensemble des partenaires de Saint-Laurent Vision 2000.

Coordination :
Raymonde Goupil, Clément Dugas et Suzanne Bourget

Rédaction :
Gaétane Tardif, consultante
en environnement

Révision :
Josée Brisson

Réalisation :
Françoise Lapointe, éditrice,
SLV 2000

Ce bulletin est  aussi disponible en format PDF.

Photo: Téléchargez Acrobat Reader windows 95


 

L'industrie maritime met en place
une mesure concrète
pour diminuer l'érosion des berges

Photo: érosion des berges
Photo : Denis Lehoux, SCF

Dans le cadre des activités du Plan d'action Saint-Laurent Vision 2000 (SLV 2000), le Comité de concertation Navigation a mis en chantier plusieurs études et projets afin de trouver des solutions concrètes pour les enjeux qui seront au cœur de la stratégie de navigation durable, attendue en 2003. L'un de ces enjeux est l'érosion des berges causée par le passage des navires commerciaux et des embarcations de plaisance. Les travaux du Comité de concertation portent déjà fruit, comme en témoigne une mesure innovatrice mise en place par l'industrie maritime et visant à réduire les risques d'érosion.

DIAPASON

Le Comité de concertation navigation, de concert avec plusieurs partenaires, propose à l’industrie maritime une mesure visant à réduire les effets du batillage dans des secteurs de grande valeur biologique.

Une étude sur la détection des micro-organismes pathogènes dans les mollusques bivalves de l’estuaire maritime du Saint-Laurent confirme l’importance de respecter les avis de fermeture des secteurs coquilliers ainsi que les recommandations de faire bouillir les mollusques directement dans l’eau.

L’étude sur les risques de l’exposition au chloroforme contenu dans l’eau des résidences, menée par le domaine d’intervention de santé humaine de SLV 2000, donne des résultats rassurants.


Photo: érosion des berges
Photo : Denis Lehoux, Service canadien de la faune (SCF)

Le Comité de concertation Navigation est formé de représentants du secteur de la navigation commerciale, des groupes communautaires et environnementaux de même que de six ministères des gouvernements du Québec et du Canada. Il s'est fixé un objectif ambitieux, soit celui d'élaborer et de mettre en œuvre, de façon concertée, une stratégie favorisant la navigation durable sur le Saint-Laurent. Parmi les principaux enjeux des travaux menés par le Comité, on trouve :

  • la gestion intégrée du dragage et des sédiments;
  • la protection des berges contre l'érosion causée par la navigation;
  • le contrôle de l'introduction d'espèces exotiques par les rejets des eaux de ballast des navires;
  • l'amélioration de la gestion des risques et des dangers environnementaux.

Certains secteurs du Saint-Laurent plus vulnérables au batillage

Photo: érosion des berges
Photo : Denis Lehoux, SCF

L’érosion des berges du Saint-Laurent est un phénomène complexe engendré par de nombreux facteurs, certains étant d'origine naturelle et d'autres étant liés aux activités humaines. Parmi les facteurs naturels, on compte, par exemple, le passage des glaces, les courants fluviaux, les crues d'orage, de fonte des neiges et d'embâcle, de même que les marées. Quant aux facteurs d’origine anthropique, ce sont notamment les variations des niveaux d'eau entraînées par les ouvrages de régularisation des eaux, ainsi que le batillage, c'est-à-dire les vagues causées par le passage des navires commerciaux ou des embarcations de plaisance.

Certains travaux visant à dresser un bilan de l’érosion le long du Saint-Laurent ont été conduits au cours de la deuxième phase de SLV 2000. Le Comité de concertation Navigation s’est inspiré de ces travaux pour mener une étude approfondie sur les rapports entre la navigation commerciale et de plaisance et l'érosion des berges dans le tronçon Cornwall — Montmagny. Il s'agit de l'une des deux recherches supervisées par le ministère des Transports du Québec en 1999 en vue de contribuer à l'atteinte des objectifs du domaine d'intervention Navigation.

Fondée sur des données récoltées entre 1964 et 1983, l'étude a permis de démontrer que le batillage causé par les navires commerciaux a une incidence sur les rives lorsque les navires circulent à moins de 800 m de celles-ci. Ainsi, dans le tronçon à l’étude, seuls 250 km ou 15 p. 100 des rives sont touchées par le batillage des navires commerciaux. Il apparaît également que 85 p. 100 de l’érosion observée dans la zone étudiée se concentre dans le secteur de Montréal — Sorel.

Une initiative de grande valeur pour la santé du Saint-Laurent

Afin de contribuer à réduire le phénomène de l’érosion causé par le batillage et de protéger la biodiversité, des membres du Comité de concertation Navigation ont mis sur pied un projet de réduction de la vitesse des navires dans les zones sensibles. Un groupe de travail spécial a été formé pour conduire ce projet. Ce groupe comptait des représentants de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent central, du Port de Montréal, de l’Association des armateurs du Saint-Laurent, de la Fédération maritime du Canada, de la Société de développement économique du Saint-Laurent et de la Garde côtière canadienne.

L'industrie maritime s'est montrée très réceptive à l'idée de chercher une solution susceptible de réduire les effets du batillage, bien que l’état actuel des connaissances ne permette pas de déterminer avec certitude la part exacte de l'érosion attribuable aux navires commerciaux. Toutefois, dans certains secteurs, cette proportion pourrait être de l’ordre de 60 p. 100.

En septembre 2000, le groupe de travail spécial a amorcé la promotion, au sein de l'industrie maritime, d'une mesure innovatrice visant à amener une réduction de la vitesse des navires. Cette mesure s’applique aux navires circulant dans une section fluviale d'environ 25 km couvrant les zones de Contrecœur, de Varennes, de Verchères et de l'archipel de Sorel. On enregistre, dans cette zone, une érosion grave menaçant des éléments de grande valeur biologique, ceux-ci ayant été définis à partir de travaux de terrain et d’analyses photographiques effectués dans la période 1983-1997. Cette mesure permettrait de réduire les effets du batillage sur près de 50 p. 100 des secteurs de grande valeur biologique dans le tronçon considéré.

La vitesse a été établie à un maximum de dix nœuds en direction de l'amont et de quatorze nœuds en direction de l'aval (1 noeud = 1 mille marin par heure; 1 mille = 1,852 km). Cette vitesse optimale devrait permettre de diminuer le batillage tout en assurant la manœuvrabilité nécessaire au passage sécuritaire des navires. La Garde côtière canadienne a répondu très favorablement à cette initiative, et elle poursuit sa collaboration avec le groupe de travail spécial en effectuant, entre autres, des relevés systématiques de la vitesse des navires.

Appliquée sur une base volontaire, la mesure de réduction de la vitesse connaît déjà un grand succès. En effet, après quelques semaines d'observation, on a pu constater, à l'examen des relevés de vitesse des navires fournis par la Garde côtière canadienne, que les navires ont tendance à respecter les limites proposées. Cette mesure entraîne pourtant des coûts non négligeables pour certains navires, qui doivent par exemple changer de carburant lorsqu’il y a baisse du régime des moteurs.

« Cette mesure constitue un très bon exemple d’application concrète des recherches effectuées dans le cadre de la phase III de SLV 2000. Par ailleurs, il est aussi intéressant de noter le travail de concertation à la base de cette mesure, qui la rend rapidement acceptable et applicable, de même que le caractère volontaire de sa mise en œuvre, qui illustre une forme d’action non réglementaire pouvant convenir à la fois aux transporteurs maritimes et aux impératifs de protection du fleuve », estime M. Jérôme Faivre, coprésident pour le Québec du Comité de concertation Navigation.

La navigation de plaisance est aussi visée par les interventions du Comité

Photo: navigation de plaisance
Photo : Denis Lehoux, SCF

L'étude supervisée par le Comité de concertation Navigation ayant démontré que certaines zones du fleuve pouvaient aussi être perturbées par le passage des embarcations de plaisance, une approche a également été tentée auprès de représentants de ce secteur. « Le Comité de concertation Navigation a récemment rencontré les plaisanciers pour les informer, à leur tour, sur la fragilité des berges des îles et les conséquences du batillage », explique M. Gervais Bouchard, coprésident pour le Canada du Comité de concertation Navigation. « Nous sommes maintenant disposés à les appuyer dans la mise en place de moyens qui susciteront, chez les utilisateurs d'embarcations motorisées ou de motomarines, des comportements susceptibles de contribuer aussi à la protection des berges. »

Il est à noter que les résultats de l'étude supervisée par le Comité de concertation Navigation seront bientôt disponibles dans Internet. Ainsi, les représentants de l'industrie maritime, les pilotes ou encore les adeptes de la navigation de plaisance pourront consulter des cartes illustrant les zones les plus sensibles à l'érosion entre Cornwall et Montmagny.


Pour information :

Coprésidents du Comité de concertation Navigation
Jérôme Faivre, Transports Québec
Téléphone : (418) 643-2618
Courriel : jfaivre@mtq.gouv.qc.ca
Gervais Bouchard, Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 649-6568
Courriel : bouchardg@dfo-mpo.gc.ca

Coordination, Domaine d'intervention Navigation
Laurence Mazaudier, Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 648-2497
Courriel : mazaudierl@dfo-mpo.gc.ca

Source :

DAUPHIN, Diane. 2000. Influence de la navigation commerciale et de la navigation de plaisance sur l'érosion des rives du Saint-Laurent dans le tronçon Cornwall — Montmagny. Rapport final, ministère des Transports du Québec, 103 p. + cartes + annexes.


Photo: Nouvelles en bref
Cette chronique vise à diffuser de brèves nouvelles d'actualités concernant des projets ou des activités qui se déroulent dans le cadre de la mise en œuvre de Saint-Laurent Vision 2000.
puce

Le 7 février dernier, à Trois-Pistoles, avait lieu l’assemblée générale de fondation de la Zone d’intervention prioritaire (ZIP) du sud de l’Estuaire. Le territoire couvert par ce 14e comité ZIP s’étend de Montmagny à Matane. Le président est monsieur Doris Labrie et la coordonnatrice, madame Françoise Bruaux. Les coordonnées du bureau sont les suivantes : 88, rue Saint-Germain ouest, Rimouski, (Qc) G5L 4B5. Le numéro de téléphone est le (418) 722-8833; le télécopieur : (418) 724-2216 et l’adresse électronique : zipse@globetrotter.net. Bienvenue et bon travail à ce nouveau comité ZIP !

puce Le Comité consultatif de SLV 2000 organise un forum qui aura lieu à Montréal le mardi, 20 février prochain. Le thème du forum est : «La gestion du Saint-Laurent : les défis du partenariat». Les objectifs de ce forum sont d’analyser les formules de concertation de SLV 2000, d’en évaluer les forces et les faiblesses et d’examiner les formes que pourrait prendre le partenariat dans une gestion future du Saint-Laurent. Vous pouvez vous inscrire par téléphone au (418) 872-8110 ou par télécopieur au (418) 872-6912 ou par courriel : info@transenvironnement.qc.ca. Pour plus d’information, cliquez ici.

 

 

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