Le Fleuve
est publié par lensemble des partenaires de Saint-Laurent
Vision 2000.
Coordination :
Raymonde Goupil, Clément Dugas et Suzanne Bourget
Rédaction :
Gaétane Tardif, consultante
en environnement
Révision :
Josée Brisson
Réalisation :
Françoise Lapointe, éditrice,
SLV 2000
Ce
bulletin est aussi disponible en format
PDF.
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L'industrie
maritime met en place
une mesure concrète
pour diminuer l'érosion des berges
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| Photo
: Denis Lehoux, SCF |
Dans
le cadre des activités du Plan d'action Saint-Laurent
Vision 2000 (SLV 2000), le Comité de concertation
Navigation a mis en chantier plusieurs études et projets
afin de trouver des solutions concrètes pour les enjeux
qui seront au cur de la stratégie de navigation
durable, attendue en 2003. L'un de ces enjeux est l'érosion
des berges causée par le passage des navires commerciaux
et des embarcations de plaisance. Les travaux du Comité
de concertation portent déjà fruit, comme en
témoigne une mesure innovatrice mise en place par l'industrie
maritime et visant à réduire les risques d'érosion.
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DIAPASON
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Le
Comité de concertation navigation, de concert
avec plusieurs partenaires, propose à lindustrie
maritime une mesure visant à réduire
les effets du batillage dans des secteurs de grande
valeur biologique.
Une
étude sur la détection des micro-organismes
pathogènes dans les mollusques bivalves de
lestuaire maritime du Saint-Laurent confirme
limportance de respecter les avis de fermeture
des secteurs coquilliers ainsi que les recommandations
de faire bouillir les mollusques directement dans
leau.
Létude
sur les risques de lexposition au chloroforme
contenu dans leau des résidences, menée
par le domaine dintervention de santé
humaine de SLV 2000, donne des résultats rassurants.
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| Photo :
Denis Lehoux, Service canadien de la faune (SCF) |
Le
Comité de concertation Navigation est formé de représentants
du secteur de la navigation commerciale, des groupes communautaires
et environnementaux de même que de six ministères des
gouvernements du Québec et du Canada. Il s'est fixé
un objectif ambitieux, soit celui d'élaborer et de mettre
en uvre, de façon concertée, une stratégie
favorisant la navigation durable sur le Saint-Laurent. Parmi les
principaux enjeux des travaux menés par le Comité,
on trouve :
- la gestion
intégrée du dragage et des sédiments;
- la protection
des berges contre l'érosion causée par la navigation;
- le contrôle
de l'introduction d'espèces exotiques par les rejets des
eaux de ballast des navires;
- l'amélioration
de la gestion des risques et des dangers environnementaux.
Certains
secteurs du Saint-Laurent plus vulnérables au batillage
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| Photo :
Denis Lehoux, SCF |
Lérosion
des berges du Saint-Laurent est un phénomène complexe
engendré par de nombreux facteurs, certains étant
d'origine naturelle et d'autres étant liés aux activités
humaines. Parmi les facteurs naturels, on compte, par exemple, le
passage des glaces, les courants fluviaux, les crues d'orage, de
fonte des neiges et d'embâcle, de même que les marées.
Quant aux facteurs dorigine anthropique, ce sont notamment
les variations des niveaux d'eau entraînées par les
ouvrages de régularisation des eaux, ainsi que le batillage,
c'est-à-dire les vagues causées par le passage des
navires commerciaux ou des embarcations de plaisance.
Certains travaux
visant à dresser un bilan de lérosion le long
du Saint-Laurent ont été conduits au cours de la deuxième
phase de SLV 2000. Le Comité de concertation Navigation
sest inspiré de ces travaux pour mener une étude
approfondie sur les rapports entre la navigation commerciale et
de plaisance et l'érosion des berges dans le tronçon
Cornwall Montmagny. Il s'agit de l'une des deux recherches
supervisées par le ministère des Transports du Québec
en 1999 en vue de contribuer à l'atteinte des objectifs
du domaine d'intervention Navigation.
Fondée
sur des données récoltées entre 1964 et 1983,
l'étude a permis de démontrer que le batillage causé
par les navires commerciaux a une incidence sur les rives lorsque
les navires circulent à moins de 800 m de celles-ci.
Ainsi, dans le tronçon à létude, seuls
250 km ou 15 p. 100 des rives sont touchées
par le batillage des navires commerciaux. Il apparaît également
que 85 p. 100 de lérosion observée
dans la zone étudiée se concentre dans le secteur
de Montréal Sorel.
Une initiative
de grande valeur pour la santé du Saint-Laurent
Afin de contribuer
à réduire le phénomène de lérosion
causé par le batillage et de protéger la biodiversité,
des membres du Comité de concertation Navigation ont mis
sur pied un projet de réduction de la vitesse des navires
dans les zones sensibles. Un groupe de travail spécial a
été formé pour conduire ce projet. Ce groupe
comptait des représentants de la Corporation des pilotes
du Saint-Laurent central, du Port de Montréal, de lAssociation
des armateurs du Saint-Laurent, de la Fédération maritime
du Canada, de la Société de développement économique
du Saint-Laurent et de la Garde côtière canadienne.
L'industrie
maritime s'est montrée très réceptive à
l'idée de chercher une solution susceptible de réduire
les effets du batillage, bien que létat actuel des
connaissances ne permette pas de déterminer avec certitude
la part exacte de l'érosion attribuable aux navires commerciaux.
Toutefois, dans certains secteurs, cette proportion pourrait être
de lordre de 60 p. 100.
En septembre
2000, le groupe de travail spécial a amorcé la promotion,
au sein de l'industrie maritime, d'une mesure innovatrice visant
à amener une réduction de la vitesse des navires.
Cette mesure sapplique aux navires circulant dans une section
fluviale d'environ 25 km couvrant les zones de Contrecur,
de Varennes, de Verchères et de l'archipel de Sorel. On enregistre,
dans cette zone, une érosion grave menaçant des éléments
de grande valeur biologique, ceux-ci ayant été définis
à partir de travaux de terrain et danalyses photographiques
effectués dans la période 1983-1997. Cette mesure
permettrait de réduire les effets du batillage sur près
de 50 p. 100 des secteurs de grande valeur biologique
dans le tronçon considéré.
La vitesse a
été établie à un maximum de dix nuds
en direction de l'amont et de quatorze nuds en direction de
l'aval (1 noeud = 1 mille marin par heure;
1 mille = 1,852 km). Cette vitesse optimale
devrait permettre de diminuer le batillage tout en assurant la manuvrabilité
nécessaire au passage sécuritaire des navires. La
Garde côtière canadienne a répondu très
favorablement à cette initiative, et elle poursuit sa collaboration
avec le groupe de travail spécial en effectuant, entre autres,
des relevés systématiques de la vitesse des navires.
Appliquée
sur une base volontaire, la mesure de réduction de la vitesse
connaît déjà un grand succès. En effet,
après quelques semaines d'observation, on a pu constater,
à l'examen des relevés de vitesse des navires fournis
par la Garde côtière canadienne, que les navires ont
tendance à respecter les limites proposées. Cette
mesure entraîne pourtant des coûts non négligeables
pour certains navires, qui doivent par exemple changer de carburant
lorsquil y a baisse du régime des moteurs.
« Cette
mesure constitue un très bon exemple dapplication concrète
des recherches effectuées dans le cadre de la phase III
de SLV 2000. Par ailleurs, il est aussi intéressant
de noter le travail de concertation à la base de cette mesure,
qui la rend rapidement acceptable et applicable, de même que
le caractère volontaire de sa mise en uvre, qui illustre
une forme daction non réglementaire pouvant convenir
à la fois aux transporteurs maritimes et aux impératifs
de protection du fleuve », estime M. Jérôme
Faivre, coprésident pour le Québec du Comité
de concertation Navigation.
La navigation
de plaisance est aussi visée par les interventions du Comité
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| Photo :
Denis Lehoux, SCF |
L'étude
supervisée par le Comité de concertation Navigation
ayant démontré que certaines zones du fleuve pouvaient
aussi être perturbées par le passage des embarcations
de plaisance, une approche a également été
tentée auprès de représentants de ce secteur.
« Le Comité de concertation Navigation a récemment
rencontré les plaisanciers pour les informer, à leur
tour, sur la fragilité des berges des îles et les conséquences
du batillage », explique M. Gervais Bouchard, coprésident
pour le Canada du Comité de concertation Navigation. « Nous
sommes maintenant disposés à les appuyer dans la mise
en place de moyens qui susciteront, chez les utilisateurs d'embarcations
motorisées ou de motomarines, des comportements susceptibles
de contribuer aussi à la protection des berges. »
Il est à
noter que les résultats de l'étude supervisée
par le Comité de concertation Navigation seront bientôt
disponibles dans Internet. Ainsi, les représentants de l'industrie
maritime, les pilotes ou encore les adeptes de la navigation de
plaisance pourront consulter des cartes illustrant les zones les
plus sensibles à l'érosion entre Cornwall et Montmagny.
Pour information :
Coprésidents
du Comité de concertation Navigation
Jérôme Faivre, Transports Québec
Téléphone : (418) 643-2618
Courriel : jfaivre@mtq.gouv.qc.ca
Gervais Bouchard, Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 649-6568
Courriel : bouchardg@dfo-mpo.gc.ca
Coordination,
Domaine d'intervention Navigation
Laurence Mazaudier, Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 648-2497
Courriel : mazaudierl@dfo-mpo.gc.ca
Source :
DAUPHIN, Diane.
2000. Influence de la navigation commerciale et de la navigation
de plaisance sur l'érosion des rives du Saint-Laurent dans
le tronçon Cornwall Montmagny. Rapport final,
ministère des Transports du Québec, 103 p. + cartes
+ annexes.
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