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Pollution diffuse

Les sources ponctuelles de contamination des eaux du Saint-Laurent, telles que les effluents municipaux et industriels, sont assez bien caractérisées et localisées. En revanche, l'apport de nutriments et de divers contaminants en provenance du milieu agricole cause une pollution diffuse qui est à la source de problèmes d’eutrophisation et de contamination des eaux du Saint-Laurent. La recherche de nouvelles solutions pour réduire les sources et les impacts de pollution diffuse est nécessaire.

Projets 2016-2021

Cartographie des masses d’eau présentes dans le lac Saint-Pierre en soutien au suivi de la qualité de l’eau

Le lac Saint-Pierre, un renflement du fleuve en amont de Trois-Rivières, a une très riche biodiversité. Il figure sur la liste des zones humides d’importance internationale (site Ramsar) et fait partie des réserves de la biosphère terrestre de l’UNESCO. Cependant, il reçoit un grand nombre de contaminants agricoles, dont des pesticides.

Dans le cadre de ce projet, nos scientifiques utiliseront la modélisation hydrodynamique afin de fournir quotidiennement une cartographie des différentes masses d’eau qui composent le lac Saint-Pierre selon les conditions hydrologiques moyenne des 24 heures précédentes. La cartographie fournie sera donc représentative des apports de chacun des exutoires du lac Saint-Pierre en termes de débit et de qualité de l’eau. Les cartes fournies soutiendront le suivi de la qualité de l’eau de trois manières :

  • En localisant les endroits les plus susceptibles d’être affectés par des contaminants de source agricole;
  • En déterminant la zone d’influence de chaque exutoire;
  • En permettant d’ajuster des plans d’échantillonnage à la suite d’une révision de l’emplacement des sites de prise de données.

Évaluer l’efficacité des bassins de rétention pour améliorer la qualité de l’eau des bassins versants agricoles

Les cours d’eau qui se jettent dans le lac Saint-Pierre contiennent souvent des pesticides, des nutriments (azote et phosphore) et des matières en suspension qui peuvent nuire à la vie aquatique. Une forte proportion de ces polluants provient des exploitations agricoles situées à l’intérieur du bassin versant du lac. On croit toutefois que l’utilisation de bassins de rétention pourrait atténuer les impacts de la pollution diffuse en milieu agricole. Lorsque l’eau ralentit en passant dans un bassin de rétention, les pesticides et les nutriments sont retenus par la sédimentation et peuvent être dégradés au contact avec des plantes et des microorganismes. Ainsi, un bassin de rétention pourrait réduire les contaminants présents dans les eaux de surface et de drainage agricole.

Dans le cadre de ce nouveau projet, nos scientifiques évalueront l’efficacité de tels bassins de rétention. Si cette approche s’avère efficace, elle pourrait devenir une solution économique et durable pour le secteur agricole.

Mieux connaître les microorganismes pathogènes du bassin versant du lac Saint-Pierre

L’eau de ruissellement apporte dans le lac Saint-Pierre des microorganismes potentiellement dangereux pour l’homme et pour la faune. En effet, dans la première phase du PASL, nos scientifiques ont observé une grande quantité d’E. Coli dans les cours d’eau tributaires du lac, ce qui indique une contamination fécale et la présence de microorganismes potentiellement pathogènes. Ils ont aussi découvert que ces bactéries indicatrices résistaient à plusieurs antibiotiques. De plus, les parasites Giardia et Cryptosporidium et la bactérie Campylobacter ont été mesurés dans l’eau brute de quatre prises d’eau potable.

Nous ne connaissons pas encore bien le risque réel de ce type de pollution, ni l’origine de la contamination bactériologique observée dans les cours d’eau tributaires du lac Saint-Pierre. Nos scientifiques présenteront donc les résultats des mesures de microorganismes pathogènes présents dans ces cours d’eau à différents endroits. Ils identifieront également les sources de contamination afin d’aider à orienter les actions d’assainissement.

Évolution des herbiers du lac Saint-Pierre

Les herbiers du lac Saint-Pierre forment un habitat essentiel pour les poissons, les amphibiens et les oiseaux aquatiques. Les plantes aquatiques agissent comme support physique aux algues et aux crustacés dont se nourrissent les vertébrés, et leur servent d’abri contre les prédateurs. Or, on connaît mal la distribution des plantes qui les composent, et la manière dont les herbiers évoluent dans le temps en fonction de la quantité (profondeur et courant) et de la qualité (transparence et nutriments) de l’eau.

Nos scientifiques dresseront donc le portrait des herbiers du lac Saint-Pierre et de la biomasse des plantes aquatiques et des algues, et ce, afin de caractériser l’habitat disponible pour les poissons et les invertébrés qui l’habitent. En suivant les herbiers pendant plusieurs années et en travaillant sur l’historique récent de l’abondance des plantes, ils pourront évaluer les facteurs qui influencent leur état de santé et déterminer leur sensibilité aux changements climatiques. À la fin du projet, nos scientifiques pourront déterminer les mesures de restauration qu’il conviendra d’appliquer dans les phases suivantes du PASL.

Préparer et tenir un atelier d’échanges sur le lac Saint-Pierre

De multiples facteurs ont pu contribuer à la dégradation des habitats littoraux du lac Saint-Pierre et aux changements écosystémiques majeurs qui y ont été observés aux cours des dernières années. Citons par exemple les activités agricoles en zone inondable, la variabilité interannuelle importante des niveaux d’eau liée aux changements climatiques et la présence de nombreux pesticides dans les eaux du lac.

Ce projet vise à rassembler les scientifiques de différentes disciplines lors d’un atelier d’échanges, afin qu’ils partagent les résultats de leurs recherches sur le lac Saint-Pierre. Ces échanges permettront de faire le point sur l’évolution des facteurs de stress susceptibles d’expliquer le changement de la capacité de support de cet écosystème.

Atelier d'échanges sur le lac Saint-Pierre 2019 - Résumé

Évaluer les effets des pesticides sur les organismes aquatiques

L’activité agricole intensive dans des régions comme celle du lac Saint-Pierre est une cause possible de la dégradation du milieu aquatique. À l’heure actuelle, les effets des pesticides sur la faune aquatique du lac Saint-Pierre, dans les secteurs bordant le fleuve ou apportés par les tributaires, sont mal connus. Nous savons cependant que ces tributaires drainent des terres agricoles dominées par les cultures du maïs et du soja et que les herbicides les plus utilisés pour ce type de cultures, l’atrazine, le métolachlore et la glyphosate, sont détectés dans les rivières avoisinantes. Plus récemment, la présence des insecticides de la famille des néonicotinoïdes a également été rapportée. La présence combinée des herbicides et des insecticides pourrait donc affecter la faune aquatique de ce secteur.


Dans le cadre de ce projet, nos scientifiques évalueront les effets de l’exposition des organismes aquatiques aux pesticides utilisés dans les terres agricoles du bassin versant du fleuve Saint-Laurent, particulièrement les organismes aquatiques présents dans le lac Saint-Pierre. L’étude déterminera la concentration de divers pesticides dans l’eau, mesurera leurs effets chez les organismes aquatiques, comme les poissons, les grenouilles et les invertébrés exposés en milieu naturel ou en laboratoire, et fera un suivi des populations de poissons et d’invertébrés aquatiques.

Projets 2011 - 2016

Corridor Vert et Bleu pour le Richelieu

La rivière Richelieu est un joyau de la biodiversité. Elle accueille plusieurs espèces aquatiques en situation précaire, dont le chevalier cuivré. Toutefois, le développement urbain et les pratiques agricoles constituent des enjeux majeurs pour l’amélioration de la qualité de l’eau et des habitats de cette rivière. De plus, les sédiments et les polluants qui y sont observés se jettent dans le lac Saint-Pierre. Les mesures ponctuelles de restauration des rives mises en œuvre dans ce bassin versant ne suffisant pas à maintenir une qualité d’eau suffisante, les participants et collaborateurs du Plan d’action Saint-Laurent souhaitent réaliser un projet global de conservation et de restauration. Cette initiative permettra de conserver une bande riveraine pour réduire la pollution de l’eau et créer un corridor écologique, d’installer des systèmes de sédimentation dans les fossés ainsi que de préserver, restaurer et relier les espaces naturels sur l’ensemble du bassin versant.

Consultez le dépliant explicatif du projet (formats disponibles: PDF, HTML). Consultez également la fiche d'information pour ce projet.

Aménager des cours d’eau agricoles dans le littoral en plaine inondable du lac Saint-Pierre

Une portion importante du littoral du lac Saint-Pierre est utilisée à des fins agricoles, et les superficies sont progressivement converties en grandes cultures, ce qui laisse peu de substrat végétal au printemps en tant qu’habitat du poisson. Plusieurs participants et collaborateurs se sont associés pour élaborer une approche de restauration de l’habitat du poisson. Depuis 2003, 7 cours d’eau ont été aménagés. D’ici 2016, il est prévu que cette initiative se poursuive au rythme d’un cours d’eau par année afin de continuer d’améliorer la notoriété de la région du lac Saint-Pierre en matière d’agriculture durable.

Consultez la fiche d'information pour ce pojet.

Poursuivre les activités du comité de concertation sur l’agriculture

Ce projet vise à renforcer la concertation entre les principaux acteurs oeuvrant dans le secteur de l'agriculture afin d'établir une vision commune des problématiques environnementales associées à la qualité de l'eau des tributaires et du Saint-Laurent et de définir des solutions dédiée à la protection de ces écosystèmes aquatiques dans une optique de gestion intégrée.

Documenter les apports fluviaux en carbone organique et en éléments nutritifs à l’estuaire maritime en lien avec l'hypoxie et l'acidification

Les apports fluviaux accrus en carbone organique et en éléments nutritifs associés aux activités anthropiques peuvent entraîner un phénomène d’eutrophisation dans les estuaires et les zones côtières. Cette eutrophisation peut engendrer la prolifération d'algues toxiques ou nuisibles ainsi que le développement de zones hypoxiques et acidifiées pouvant menacer la santé du Saint-Laurent. La documentation des sources et de l’évolution historique des apports en nutriments et en matières organiques, celle des effets d’une augmentation de ces apports ainsi que l’élaboration d’outils de prévisions numériques permettront de mieux connaître et prévoir ces phénomènes souvent liés aux sources agricoles de pollution diffuse. 

Consultez la fiche d'information pour ce projet.

Améliorer les connaissances sur les microorganismes pathogènes provenant des sources agricoles dans les tributaires du lac Saint-Pierre

Les déjections des animaux d’élevage, les champs cultivés et les aires de stockage (amas de fumier et cour d’exercice) peuvent contenir des microorganismes pathogènes qui, s’ils atteignent les cours d’eau par ruissellement ou par l’intermédiaire des drains agricoles, présentent un risque pour la faune et pour les humains. Compte tenu que les concentrations de coliformes fécaux mesurées dans les tributaires du lac Saint-Pierre indiquent la présence potentielle de bactéries pathogènes, les partenaires et collaborateurs souhaitent mieux connaître le risque de contamination de l’eau par ces microorganismes pathogènes, en précisant leur lien avec l’agriculture et en fournissant de l’information nouvelle qui pourra aider à réduire à la source ce type de contamination.

Consultez la fiche d'infomation sur ce projet.

Utiliser les algues nuisibles et toxiques comme indicateurs pour le suivi de la qualité et de l'eutrophisation de l'eau

La prolifération d’algues nuisibles et toxiques dans l’écosystème du Saint-Laurent constitue une problématique grandissante dont les effets sont encore peu connus. Le développement d’une expertise permettra de mieux comprendre l’influence de ces algues sur l’écosystème où elles prolifèrent, que ce soit pour l’identification des algues toxiques, la documentation des facteurs associés à leur floraison, à la production et à la dispersion des toxines ou pour l’élaboration de biomarqueurs et de bioindicateurs. Une meilleure compréhension de ces phénomènes permettra d’élaborer des outils de prévision pour les secteurs à risque et les composantes de l’écosystème sensibles aux algues nuisibles et aux toxines.

Consultez la fiche d'information pour ce projet.